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n°1/11
Il avait fallu dix-sept ans à Robert et Jean-Claude Allibert pour restaurer leur propriété de Forcalquier. Mais quand ils découvrent le château de Sauvan, construit au XVIIIe siècle dans la plaine voisine de Mane, ils en tombent amoureux. Pour acquérir et sauver cet étonnant chef-d’oeuvre en péril, plus proche des résidences princières d’Île-de-France que des bastides de la région, ils n’ont qu’une solution : l’échanger contre leur demeure où il fait pourtant si bon vivre… C’est ainsi, il y a un peu plus de trente ans, que les deux frères sont devenus châtelains.
Les cygnes ont élu domicile sur la pièce d’eau restaurée, installée devant l’une des façades latérales du château. Un peu plus loin, en contrebas, se trouve le jardin à la française.
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n°2/11
"Blond de toutes ses pierres blondes, lumineux de toutes ses fenêtres dont chacun des carreaux multiplie les couchants multicolores". Très vite, ce portrait du château que fait l’écrivain Pierre Magnan redevient, grâce à l’énergie des nouveaux propriétaires, une réalité. Le bâtiment, édifié en 1719 par l’architecte avignonnais Jean-Baptiste Franque, retrouve peu à peu la noblesse de cette architecture classique qui lui vaut son surnom de Petit Trianon provençal.
On accède au château par la façade ouest, dont l’ordonnance classique surprend le passant, habitué aux mas et aux bastides de la région.
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n°3/11
À l’intérieur, les volumes d’origine sont restaurés. Le salon de musique, que d’anciens occupants avaient transformé en appartement, renaît. Explorant avec minutie la moindre trace du passé, les deux passionnés s’attachent également à remeubler toutes les pièces. "Avec les meubles qui restaient, ceux qu’on avait et ceux qu’on a rachetés, explique Claude Allibert, on a fait un château hypermeublé !" Aujourd’hui, même si des pans de son histoire restent à élucider, l’ancien château de plaisance revit. Les collections des châtelains y ont trouvé place aux côtés des souvenirs de leurs ancêtres d’adoption, les Forbin-Janson.
Le salon de musique est l’une des pièces les plus charmantes du château. La mezzanine, ornée d’une porte en trompe l’oeil, accueillait les musiciens. Comme la harpe, le pianoforte (1830-1840) provient de la maison Boisselot & Fils, à Marseille. Il est installé devant une toile peinte du XVIIIe siècle.
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n°4/11
Le faste s’allie à la convivialité dans la grande salle à manger. Sur les murs, Robert et Jean-Claude Allibert ont aligné quelques-unes des plus belles pièces de leur collection de faïences provençales des XVIIe et XVIIIe siècles.
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n°5/11
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n°6/11
Depuis le XVe siècle, sous le règne de Louis XV, la famille de ces grands aristocrates originaires de Haute-Provence a toujours évolué dans le sillage du pouvoir. En 1481, lors du rattachement de la Provence à la France, Palamède Forbin dit Le Grand, conseiller du roi, en devient le premier gouverneur.
Au XVIIe siècle, l’abbé Toussaint de Forbin-Janson est l’aumônier de Louis XIV. Le roi en personne,accompagné de Mme de Maintenon et du Grand Dauphin, est présent à la signature du contrat de mariage du marquis Joseph-Palamède de Forbin-Janson, le commanditaire
du château.Une grande galerie de 45 mètres traverse le château sur toute sa longueur et dessert les chambres. Le décor en faux marbre a été rétabli d’après les traces de peinture retrouvées sur place.
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n°7/11
Les liens de la famille avec les souverains ne se relâchent pas à la génération suivante : le fils du marquis, Michel-Palamède, a épousé Cornélie-Henriette, princesse de Galléan et amie de Marie-Antoinette dont elle est, paraît-il, le sosie ! Son projet de se substituer à la reine pour lui permettre de s’évader de la Conciergerie aurait donc pu réussir si la souveraine elle-même ne s’y était opposée : "Je ne dois ni ne veux accepter le sacrifice de votre vie. Adieu, adieu !".
Dans un boudoir du château, un bureau à abattant ayant appartenu à l’écrivain Thyde Monnier. C’est lui que Pierre Magnan a utilisé pour écrire plusieurs de ses romans. L’adaptation cinématographique de l’un de ses grands succès, La Maison assassinée, a été tournée à Sauvan sous la direction de Georges Lautner.
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n°8/11
La bibliothèque-salle de billard a retrouvé son décor et ses meubles Directoire. Le papier peint d’époque a été refait à l’identique. La pièce s’ouvre sur l’oratoire des Forbin-Janson.
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n°9/11
Vendu aux enchères comme bien national sous la Convention, le château est racheté par la très pugnace princesse de Galléan, et finalement vendu par son fils à l’abbé Sollier en 1810. La famille de l’ecclésiastique le gardera jusqu’en 1981, à l’arrivée de Robert et Jean-Claude Allibert.
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n°10/11
Dans la chambre de la marquise de Forbin-Janson, princesse de Galléan, des portraits de Louis XVI et de Marie-Antoinette rappellent son attachement à la famille royale. Sur le lit XVIIIe, restauré, une couverture de mariage du XVIIe siècle a été placée.
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n°11/11
Entre l’ouverture au public, les mariages, les réceptions, les travaux d’entretien, les châtelains n’ont guère le temps de se laisser aller à l’oisiveté.
Après avoir restauré la grande pièce d’eau, reconstitué et décoré une partie du parc, ils projettent actuellement de remettre en état le jardin à la française en s’appuyant, pour mener à bien ce nouveau chantier, sur des plans de l’architecte Pierre-Alexis Delamair (1675-1745) retrouvés dans les archives… Mais grâce aux travaux menés bon train et à une répartition des rôles sans faille, le château est devenu, comme le souligne Jean-Claude Allibert, "un château idéal et idéal à vivre".
Fronton central, hautes fenêtres à petits carreaux, balustrade qui fait le tour de l’édifice… Le château de Sauvan est un exemple d’architecture néoclassique, pour le moins inhabituel en Haute-Provence.
Il avait fallu dix-sept ans à Robert et Jean-Claude Allibert pour restaurer leur propriété de Forcalquier. Mais quand ils découvrent le château de Sauvan, construit au XVIIIe siècle dans la plaine voisine de Mane, ils en tombent amoureux. Pour acquérir et sauver cet étonnant chef-d’oeuvre en péril, plus proche des résidences princières d’Île-de-France que des bastides de la région, ils n’ont qu’une solution : l’échanger contre leur demeure où il fait pourtant si bon vivre… C’est ainsi, il y a un peu plus de trente ans, que les deux frères sont devenus châtelains.
Les cygnes ont élu domicile sur la pièce d’eau restaurée, installée devant l’une des façades latérales du château. Un peu plus loin, en contrebas, se trouve le jardin à la française.
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