Une longère agrandie grâce à sa grange

Le 2 mai à 17h48 - par Karine Dugail / Photos : Antonio Duarte - Maison & Travaux

Dans le Perche, une longère traditionnelle a été agrandie grâce à l’aménagement de sa grange. Entièrement restaurée, enduit à la chaux, pierre, terre cuite et chêne ont la part belle. Ou comment transformer sans dénaturer…

  • 1/13
    Longere agrandie

    Une maison à la campagne, mais suffisamment proche de Paris pour pouvoir en profiter régulièrement ; avec de beaux volumes, mais à notre mesure pour sa restauration; traditionnelle avec un jardin pas trop important… » Ces critères de choix amènent le jeune couple à concentrer ses recherches dans le Perche et sa nature préservée. Six mois durant, le territoire est arpenté pendant les week-ends. 

    Sur la photo : D’esprit atelier, cette large porte-fenêtre aux châssis noir mat est composée de 8 panneaux. Son vitrage antieffraction de 44,2 mm avec vide d’air assure une bonne isolation (L 3,71 xH 2,35 m, KDI ; pose métallerie serrurerie Potier Huillot).

  • 2/13
    Longere agrandie

    Située à 150 km de leur appartement parisien, « ni trop près, ni trop loin », la maison est enfin trouvée ! « Répondant à l’équation entre bon prix et site protégé, cette longère à taille humaine nous a charmés, offrant des perspectives de volume, mais sans démesure. » Véritable amoureux des matériaux , avec une solide culture de la restauration acquise dans le Sud, le propriétaire va pouvoir mettre à profit son savoir-faire dans le Perche

    Sur la photo : Dans le salon, la cheminée chinée, du XIXe siècle, s’inscrit entre deux ouvertures de largeur inégale, qui mènent à la salle à manger. D’origine, le double entrait de la charpente en impose dans ce grand volume.

  • 3/13
    Longere agrandie

    « Un pays où l’on retrouve des similitudes avec le Lubéron, notamment dans la structure et dans les teintes ocre des enduits. » Maître d’ouvrage, il va aussi intégrer les préconisations pour le bâti du Parc naturel régional du Perche. La bâtisse, au passé chaotique – habitation au XVIIe siècle, grange au XIXe, colonisée à l’extérieur par la végétation et vendue à la bougie en 2005 –, accuse plus ou moins bien les affres du temps et de quelques restaurations hasardeuses. Architecte, maçon, électricien… 

    Sur la photo : Dans le souci de maintenir une cohérence à l’étage, les sols des deux pièces, chambre d’amis et palier, sont en chêne massif de 14 mm d’épaisseur, choisi en lames de grande largeur (larg. 19 cm, Charme & Parquet; pose, Menuiserie du Val).

  • 4/13
    Longere agrandie

    Une équipe choisie avec soin se met en place. Quelques semaines après l’acquisition, le chantier démarre pour neuf mois de travaux . Sept mois pour les entreprises, et deux pour les propriétaires qui assumeront, armés de pinceaux , le délicat travail de finition ! En accord avec le maître d’oeuvre, les éléments anciens sont conservés. Four à pain, pierre d’évier, laiterie, tomettes et façade enduite, recouvrent une nouvelle jeunesse dans le respect du bâtiment d’origine. 

    Sur la photo : Le plan de travail en aggloméré hydrofuge (P 90 x ép. 3 cm) est habillé de zinc prépatiné. Le bac d’évier en travertin a été façonné sur mesure (L 100 x P 70 x H 30 cm, SDA Décoration). Sobres, les meubles bas ont été peints en gris foncé mat (Ressource « C 21, Noir de vigne ».)

  • 5/13
    Longere agrandie

    Accolée à la longère, la grange plus profonde que la maison crée un léger décrochage qui anime la façade. À l’intérieur, elle offre un fort potentiel avec un beau volume, car le plancher intermédiaire a déjà été supprimé. Intégrer cette dépendance à la maison est rapidement devenu une évidence pour les propriétaires. Transformée en salon avec une hauteur sous faîtage de 6,45 mètres, elle s’agrémente aujourd’hui d’une cheminée campagnarde en tuffeau chinée

    Sur la photo : Les enduits à la chaux de la chambre parentale ont été repris après rebouchage des fissures. Pour homogénéiser l’ensemble, un badigeon de lait de chaux a été appliqué.

  • 6/13
    Longere agrandie

    Autre atout de cette pièce de détente, la lumière abonde grâce à une large ouverture pratiquée dans la façade exposée au sud. Celle-ci permet aussi de profiter directement de la nouvelle terrasse et de l’intimité du jardin de 380 m2. Pour accéder à la salle à manger contiguë, deux passages ont été ouverts dans le mur de refend, afin d’assurer une circulation fluide entre les pièces. En reprise de charge, deux linteaux imposants en bois ont suffi. 

    Sur la photo : Un petit escalier donne accès à la sobre et agréable salle de bains de l’étage, éclairée par un châssis de toit (Cast-PMR). Les dalles en travertin mettent en valeur la belle baignoire à « pattes de lion » en fonte émaillée (« Oxalis » d’Oxame).

  • 7/13
    Longere agrandie

    Dans l’ancien logis également, la distribution des pièces est complètement revue pour offrir des espaces plus généreux. Ainsi, l’ancienne salle de bains et l’ancien salon, qui était à l’origine une écurie, accueillent, une fois réunis, la nouvelle salle à manger. Pour cela, le mur de refend en brique, de 25 cm d’épaisseur, a été partiellement abattu et les charges reprises par une poutre métallique (IPN) qui prend appui sur les pans conservés de chaque côté. 

    Sur la photo : Bien éclairée, la trémie de l’escalier est bordée d’un élégant garde-corps en fer forgé réalisé sur mesure (entreprise de métallerie-serrurerie Potier Huillot).

  • 8/13
    Longere agrandie

    De part et d’autre, des corbeaux en  pierre de taille décorent désormais la large ouverture. Toutes les solives ont été étayées; quelques-unes, abîmées, ont été remplacées. Un autre point réclame une intervention d’importance : le plancher de l’étage au-dessus de la cuisine s’affaisse dangereusement; la poutre en orme qui porte les solives, fragilisée en son milieu, est soutenue par un pilier qui divise l’espace. 

    Sur la photo : La quasi-totalité du mur de séparation a été déposée pour obtenir une seule et grande pièce. Les charges de l’étage sont reprises par une poutre d’acier masquée par un coffrage enduit . Détails de style : deux corbeaux en pierre de taille ont été posés de part et d’autre de l’ouverture.

  • 9/13
    Longere agrandie

    Faut-il agencer le lieu autour de ce poteau ou régler une fois pour toutes cette faiblesse ? Maître d’oeuvre, architecte, maçon sont vite d’accord pour tout consolider afin de se débarrasser de ce poteau gênant. L’entreprise de maçonnerie et charpente Ripamonti Sas Artifoni, agréée Monuments historiques, se met à l’oeuvre pour étayer l’ensemble du plancher. 

    Sur la photo : Côté sud, la lumière entre généreusement par la grande baie vitrée qui ouvre la façade. Côté nord, l’éclairement est assuré en toiture par trois châssis (Cast-PMR) et par deux ouvertures murales.

  • 10/13
    Longere agrandie

    Le sol de l’étage en tomettes est dans un premier temps déposé afin de pouvoir placer deux poutrelles métalliques (UPN) de part et d’autre de la poutre défectueuse. Engagées par l’extérieur, ces deux poutrelles reposent sur les deux murs de façade et reprennent avec des fers le fléchissement de la poutre en orme. En mauvais état, les trois quarts des solives sont également changées et prennent désormais appui sur l’UPN.

    Sur la photo : Habillée de pierre (travertin vieilli, gamme « Arox », 45 cm de côté x ép. 1,2 cm), la douche est fermée par une porte en verre de sécurité montée sur charnières (porte de douche « Guya », Roth France). Le receveur également en pierre a été façonné sur mesure (90 x 90 cm, SDA Décoration).

  • 11/13
    Longere agrandie

    Pour recréer les entre-poutres, un grillage d’accroche est fixé sur les solives. Ce lattis métallique léger en feuilles (de 250 x 60 cm et 8 mm d’épaisseur) donne de la résistance et assure l’adhérence du plâtre (« Nergalto », Métal Déployé). Il est ensuite enduit d’un mélange traditionnel plâtre et chaux (Enduit de Montmorency). Il ne reste plus qu’à couler une chape de mortier allégé armé (« BST Bétostyréne », TBA) pour retrouver un plancher plan et stabilisé à l’étage, prêt à recevoir un parquet en chêne de grande largeur, fixé à la colle MS polymère (Bostik). 

    Sur la photo : Au-dessus de la poutre en bois, un coffrage masque les deux poutres en acier (UPN) qui reprennent les charges. (Cuisinière Aga.)

  • 12/13
    Longere agrandie

    La poutre totalement soulagée, la cuisine au rez-de-chaussée recouvre un espace enfin libéré. Dans le salon , un réseau de chauffage électrique par le sol à basse température est retenu. Afin de l’installer, l’ancienne dalle de béton est cassée, puis le sol décaissé. Sur une chape de propreté faite en mortier bâtard, un isolant en polystyrène extrudé de grande résistance à la compression (« Styrodur » de BASF, plaques de 125 x 60 cm et ép. 50 mm) est ajouté. 

    Les trames électriques (« Infracâble » de Deléage) de 85 cm de large sont posées sur la totalité des 35 m2 (entreprise électricité-plomberie, Joël Papillon). Grâce à une ailette en acier galvanisé, ce système à basse température (28 °C en surface, maximum) garantit une surface d’échange quatre fois supérieure à un câble traditionnel ! 

    Sur la photo : Aucune fenêtre de toit ne dénature la couverture en tuiles plates de pays. La mise en place d’un drainage pour diriger les eaux de pluie vers le puisard a permis de garder cette toiture vierge de tout chéneau. Quant à la façade, elle montre un bel enduit à la chaux, gratté à pierres vues. Le bâti est ainsi respecté. La terrasse est faite en pavés de grès posés sur un mortier de ciment. Leur résistance est à toute épreuve et leurs tons gris et rosés mêlés s’harmonisent aux enduits ocre de la façade.

  • 13/13
    Longere agrandie

    Une seconde chape, en mortier armé, est coulée pour recevoir le revêtement de tomettes. Performant, ce type de chauffage (pour un coût d’environ 50 €/m2 HT) offre un grand confort de gestion avec une température réglée au degré près (« Calibox » de Delta-Dore) et une commande possible par téléphone (« Typhone » de Delta-Dore). Sous les rampants, l’ isolation est assurée par 24 cm de laine minérale, habillés de plaques de plâtres fixés sur les fourrures. Malgré son volume, la maison d’habitation, bien isolée et bien chauffée, est prête à accueillir ses hôtes.

    Le coût des travaux :

    - Maçonnerie, charpente, pose sols, plâtrerie : 120 000 € HT

    - Électricité-plomberie : 2 600 € HT

    - Façade vitrée profilés KDI : 9 300 € HT

    - Menuiseries bois : 22 750 € HT 

    - Cuisine : 3 830 € HT

    - Architecte : 8 600 € HT

    - Paysagiste : 5 000 € HT

    - Équipement divers (parquet, baignoire, robinetterie, luminaire, etc.) : 12 680 € HT

    Total : 184 760 € HT

    Architecte : Dominique Michy / Domicrea

Une maison à la campagne, mais suffisamment proche de Paris pour pouvoir en profiter régulièrement ; avec de beaux volumes, mais à notre mesure pour sa restauration; traditionnelle avec un jardin pas trop important… » Ces critères de choix amènent le jeune couple à concentrer ses recherches dans le Perche et sa nature préservée. Six mois durant, le territoire est arpenté pendant les week-ends. 

Sur la photo : D’esprit atelier, cette large porte-fenêtre aux châssis noir mat est composée de 8 panneaux. Son vitrage antieffraction de 44,2 mm avec vide d’air assure une bonne isolation (L 3,71 xH 2,35 m, KDI ; pose métallerie serrurerie Potier Huillot).

+ de diaporamas

Commentaires

Aucun commentaire

Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo.
Si vous ne vous connectez pas, votre commentaire apparaîtra en Anonyme.

Aucun commentaire n'a encore été déposé. Soyez le premier à donner votre avis !

Derniers articles déco

toutes les actus et tendances

Coté Déco : Nos magazines

Abonnez-vous à nos magazines

Prev Next
  • Art & Décoration-488

    Art & Décoration n° 488

  • Maison&Travaux-249

    Maison&Travaux n° 249

  • Mon Jardin & Ma Maison-642

    Mon Jardin & Ma Maison n° 642

  • Le Journal de la Maison-458

    Le Journal de la Maison n° 458

  • Campagne Décoration-82

    Campagne Décoration n° 82

Art & Décoration n°488

Votre projet 3D