Un duplex design

Le 20 avril 2009 - Art & Décoration

Un appartement peut, autant qu’une maison, faire preuve d’une grande cohérence entre l’architecture et l’aménagement intérieur. C’est ce que démontre ce duplex conçu par l’architecte Philippe Koscielski, à Colmar.

Bordant une place arborée de Colmar, le petit immeuble construit par Philippe Koscielski affirme discrètement son originalité. Coiffé d’un toit à deux pentes en tuiles rouges, il dissimule toute la hauteur de sa façade en verre derrière un filet métallique où courent des clématites. Ce maillage, maintenu dans une structure d’acier, fait office de garde-corps car il abrite les coursives en caillebotis de 60 cm de large qui longent chacun des étages. Outre son aspect esthétique, cet habillage en avant-corps permet d’assurer une ventilation naturelle de la « peau » du bâtiment, tout en facilitant son entretien.

Un balcon suspendu et une petite terrasse haubanée à la façade rompent, à l’arrière, côté sud, le volume parallélépipédique de l’immeuble. Le duplex de Lucile et André en occupe les deux étages supérieurs. Constitué de 100 m2 en bas et d’une surface plus réduite de 60 m2 en haut à cause de la présence de combles, il est aménagé en parfaite cohérence avec la structure du bâtiment. Le niveau inférieur le révèle d’emblée où le vaste plateau en béton brut avec ses poteaux a été préservé pour créer l’ample volume de la pièce de séjour sous trois mètres de plafond. La lumière la traverse, modulée par les brise-soleil des baies occupant intégralement la hauteur, sans linteau venant les rétrécir.

Béton, verre, métal et bois « J’ai voulu travailler au maximum les matériaux bruts », explique Philippe Koscielski. Outre le béton – entrecoupé de panneaux acoustiques en plâtre perforé pour absorber les effets de résonance –, du métal brut sablé a été utilisé pour l’escalier aux fines marches garnies de wengé. Béton, verre, métal et bois : ces quatre éléments sont repris dans toute l’habitation, créant avec les murs blancs une ambiance homogène très contemporaine. Le séjour est traité comme une pièce unique où les coins salle à manger, salon et cuisine font partie du même espace ouvert. Un cellier, un office et des toilettes sont placés en bandeau derrière le mur du fond de la pièce.

 Face aux baies vitrées, de grands placards de rangement adossés aux locaux techniques ferment en retour l’espace cuisine. Ils correspondent aux équipements de l’étage (toilettes et douche) installés juste au-dessus. Ainsi rassemblés côté nord, ils ont permis de placer au sud toutes les baies et fenêtres de la salle de bains, de la chambre des enfants et des parents. Cette dernière, située en attique, est la seule à s’ouvrir des deux côtés. Elle constitue, avec ses deux terrasses, un univers intime mais ouvert sur l’extérieur.

Grâce au plancher de verre du couloir desservant les pièces de l’étage, le lien architectural entre les deux niveaux du duplex reste très fort, aussi bien le jour à la lumière naturelle, que la nuit lorsque les appliques murales du couloir, visibles du rez-de-chaussée, redonnent à la cage d’escalier son impressionnante verticalité. « Le luminaire fait partie de l’architecture, il doit participer à la décoration », précise l’homme de l’art. Les spots directionnels accrochés au plafond du séjour et pouvant être déplacés créent un fond d’ambiance lumineuse dont l’intensité est modulable. Ils sont complétés par des lampadaires et appliques dispensant une lumière indirecte. Philippe Koscielski va très loin dans le lien qu’il établit entre l’architecture et la décoration telle qu’il l’entend.

« Quand un travail est abouti dans sa conception, explique-t-il en parlant des volumes, il peut répondre à 80 % de la décoration. J’essaie de faire en sorte que ce soit l’architecture qui compose la décoration, ajoute-t-il. Le meuble en tant que rangement doit faire partie de cette déco. Exceptée la cuisine, tous les placards, ceux de la salle de bains, de la chambre et même la tête de lit, ont été dessinés par l’architecte qui précise : « Après, on rajoute les éléments essentiels (table, sièges…), les objets auxquels on attache de l’importance et avec lesquels on se sent bien. »

Avec ses clients Lucile et André qui ont choisi des « références du design » parce qu’elles correspondent à des coups de coeur – une chaise de Rietveld, la chaise longue et deux fauteuils en cuir de Le Corbusier, Perriand et Jeanneret, une table de Foster… –, il est sur la même longueur d’ondes. « Ils sont bien dessinés, remarque- t-il à propos des meubles du séjour. J’essaie de travailler dans cette même philosophie de beau et de fonctionnel ». Admirablement mis en valeur dans le contexte de cette architecture épurée, ils la respectent à leur tour, tout en contribuant à l’organisation de l’espace et au confort de la vie quotidienne.

Réalisé par Pascale Thuillant. Photos Olivier Hallot, sauf mention contraire.

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