À la conquête du toit

Le 18 février à 18h34 - - Maison & Travaux

À l'origine, les combles abritaient une succession de toutes petites chambres de services.. Une fois réunies et la hauteur récupérée, un beau volume a vu le jour pour devenir un agréable espace de vie.

 

Grappiller les mètres carrés en abattant toutes les cloisons et en supprimant les combles perdus pour récupérer un maximum de place était un voeu cher aux propriétaires. Ainsi, sous les toits du bâtiment, ils ont pu transférer leur lieu de vie au profit de l’agrandissement des bureaux situés au rez-de-chaussée.

Le cloisonnement a minima

Salon, salle à manger et cuisine s’inscrivent en enfilade dans un espace ouvert qui occupe la mi-largeur des combles et toute la hauteur. L’autre moitié organisée sur deux niveaux est réservée aux chambres de plain-pied desservies par un couloir. Le plancher intermédiaire a permis d’implanter une mezzanine, espace intime destiné à se retrancher du tumulte familial. Elle communique avec une petite chambre d’appoint et sa salle d’eau attenante. Dans ces deux petites pièces, des hublots à châssis fixes ouvrent la vue vers l’intérieur du comble. Ils dégagent une perspective visuelle pour se sentir plus “au large” sous leur plafond bas.

Une cuisine au naturel

Son mobilier s’accorde au bois de la charpente apparente. Choisi chez Cuisinella, il est constitué de caissons standard mélaminés revêtus de plans de travail stratifiés. En parallèle, l’îlot regroupe les fonctions cuisson. Sous la hotte décorative dont on a allongé le fût, il s’équipe d’une table de cuisson encastrée à fleur du plan de travail revêtu d’inox
et d’un four (Scholtès). Dans son prolongement, le plateau abaissé, de forme ovale, s’utilise aux heures de repas. Il est fixé à l’îlot par trois équerres réparties sur la largeur et
repose à l’opposé sur un pied chromé.

Identifier les espaces

Le décloisonnement de la pièce s’accompagne de quelques subtilités pour démarquer les zones d’activités. Entre cuisine et salle à manger, deux structures de 20 cm d’épaisseur en MDF laqué blanc sont montées sur des socles en retrait peints de couleur sombre pour affiner leur silhouette. Avantage non négligeable, elles masquent l’équipement de cuisine et accueillent chacune un alignement de trois casiers qui mettent en valeur les objets décoratifs. Dans le prolongement de la salle à manger, l’espace
dédié au salon est dessiné par deux canapés disposés en angle. Les cloisons japonaises coulissantes qui animent cet espace dépouillé donnent accès à une pièce, sans fenêtre mais bien ventilée, consacrée à la gestion du linge.

La mezzanine en refuge

Dans le sens de la longueur, le plancher intermédiaire prend appui sur le mur extérieur et sur la partie conservée du mur de refend. À l’opposé, un ouvrage de même envergure lui donne la réplique, sa structure constituée de plaques de plâtre sur ossature métallique intègre un poteau porteur qui soutient les rives du plancher. Les solives intermédiaires scellées dans le mur et vissées sur la rive sont revêtues d’un plancher en aggloméré de 22 mm d’épaisseur habillé d’un revêtement en jonc de mer. En sousface, le solivage est caché par des plaques de plâtre. L’épaisseur totale, d’une vingtaine de centimètres, et les structures porteuses d’épaisseur proportionnelle dessinent une arche qui matérialise le passage du couloir vers la grande pièce. La mezzanine est bordée d’un garde-corps composé de poteaux en acier et de filins. On y accède par un escalier adossé au mur de refend. Réalisé en tôle d’acier pliée et soudée, il est conçu dans un esprit gain de place en adoptant le pas japonais (marches en alternance). Son dessin imprime dans l’espace une véritable sculpture qui se déploie comme un ruban pour relier les niveaux. À condition de partir du bon pied, l’escalier se franchit d’un pas assuré avec une hauteur de marche standard de 17cm (réalisation, serrurerie Provost).

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Une isolation infaillible

De bout en bout, le parquet en ipé collé sur un support en aggloméré uniformise le sol. Il remplace le revêtement d’origine qui, une fois retiré, a permis de changer quelques
solives affaissées et d’intercaler des panneaux de laine de roche, garants d’une bonne isolation acoustique. Entre le plancher porteur en aggloméré de 22 mm et le solivage, des bandes résilientes ont été placées pour réduire les transmissions sonores (bandes “Phaltex” d’Isoroy). Huilé pour faciliter l’entretien, ce parquet se fait silencieux lorsque l’on arpente la pièce.

Isolation thermique et chauffage ont été installés simultanément. Sous les rampants du toit, 20 cm de laine de roche ont été placés en applique sur les chevrons avant d’installer
le plafond rayonnant (constitué d’un film chauffant contrecollé sur un panneau feuilluré isolant en laine de verre rigide de 4 cm d’épaisseur), maintenu par l’ossature métallique (“Dynapan” d’Acso). L’habillage nécessite des plaques de plâtre fibrées (“Sigma” de Knauf , “Placowatt” de Placo ou “Prégyconfort” de Lafarge Plâtres).

Grand confort en salle de bains

Comme dans la grande pièce, le sol de la salle d’eau a subi quelques remaniements. L’ancien revêtement a été déposé, l’isolation effectuée avant d’ajuster un plancher en
aggloméré hydrofuge de 22 mm d’épaisseur sur les solives revêtues de bandes résilientes. En finition, des lames en teck, jointées façon pont de bateau, ont été collées et traitées avec un saturateur pour bois exotique (“D1” de Owatrol Durieu).

Dans une réservation rendue étanche, un receveur préformé de type Wedi a été installé et revêtu d’émaux de Briare pour créer une douche de plain-pied. Pour seule protection, deux écrans fixes en verre imprimé (“Master-Point” de Saint Gobain Glass) ménagent un accès en coin.

La baignoire (collection “Reflex” de Villeroy & Boch) se cale dans l’angle opposé. En matériau de synthèse, elle s’habille d’un tablier en carreaux de faïence de 10 x 10cm,
comme les murs. Réalisé sur mesure, le meuble de toilette en MDF verni revêtu en plan d’émaux de Briare occupe la longueur d’un renfoncement. Les deux vasques rondes
sont encastrées (collection “Targa” de Villeroy & Boch) et alimentées par une robinetterie chromée (Hansgrohe). De l’ampleur visuelle est donnée par le grand miroir collé sur le mur.

Catherine Levard, Photos Antonio Duarte, Architecte Bernard Meignan

Et aussi :Lumière et symétrie, Un nid sous les toits ou encore Alliance de styles sous les toits

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