Visite de l’hôtel de la Païva sur les Champs Elysées
Le 18 janvier à 18h21 -
Art & Décoration
À l’image de sa propriétaire, célèbre demi-mondaine du XIXe siècle, l’hôtel de la Païva brille par son style tapageur. Classé Monument historique, il conserve intact son décor du second Empire.
Par Pascale Thuillant – Photos Olivier Hallot (janvier 2011)
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n°1/9
En 1866, la Paiva, célèbre courtisane, inaugurait son hôtel particulier des Champs-Élysées. Celle qui, quelques années plus tôt, avait déclaré à son ami Théophile Gautier : « Je veux avoir un jour le plus bel hôtel de Paris », savourait enfin sa réussite.
Née à Moscou en 1819, dans une famille de réfugiés juifs polonais, Esther Lachmann (son vrai nom) a connu une enfance misérable. Mariée à 17 ans à un modeste tailleur français, Antoine Villoing, elle abandonne rapidement enfant et mari, pour faire fortune ailleurs. Son objectif, c’est Paris où elle arrive sous le nom de Thérèse. Jeune et belle, elle attire le regard des hommes… et fait ses débuts de prostituée dans le quartier des Lorettes. […]
Elle peut ainsi épouser son nouveau prétendant, le très fortuné Guido, comte Henckel von Donnersmarck, de onze ans son cadet. Propriétaire de mines de zinc, de fer et de charbon en Silésie, le comte, très épris de la marquise, se montre d’une générosité sans limite. Le destin que la Païva s’est forgé avec une extrême détermination connaît enfin son apothéose.
La Païva aurait servi de modèle au sculpteur Delaplanche
pour cette allégorie de l’Harmonie ou de la Musique qui orne la cheminée en marbre rouge du grand salon.
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n°2/9
L’escalier
est considéré comme le chefd’œuvre de l’hôtel. Marches, limon, rampe et revêtement mural ont été réalisés en onyx massif et viennent d’être restaurés.
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n°3/9
Depuis 1855, la Païva possède aux ChampsÉlysées un terrain sur lequel elle fait bâtir l’hôtel de ses rêves. L’architecte Pierre Manguin – un contemporain de Charles Garnier – supervise les travaux et fait réaliser, dans l’esprit éclectique du second Empire, de somptueux décors sculptés néo-Renaissance.
Une pléiade d’artistes
y travaille : les peintres Baudry, Picou, Gérôme, les sculpteurs Dalou, Carrier- Belleuse, Barrias… Agissant en mécène, la comtesse, choisit des oeuvres, achète des meubles de son époque et surveille l’avancement du chantier.
Un peu en retrait sur les Champs-Élysées, l’hôtel de la Païva est le dernier représentant sur l’avenue de ces hôtels luxueux du XIXe.
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n°4/9
À Paris, l’hôtel ne doit son sauvetage qu’à la création d’un restaurant de luxe
en 1895. Revendu plusieurs fois, il est finalement acquis par le très select Travellers Club qui, depuis 1903, assure sa sauvegarde et mène régulièrement des travaux de restauration.
Des allégories de villes ornent la voûte de l’escalier
. Ici, la Ville de Naples.
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n°5/9
La chambre de la Païva, avec son spectaculaire plafond à pendentifs néo-Renaissance, a été transformée en salle à manger
pour le Travellers Club. Un jeu de miroirs multiplie à l'infini le décor de l'ancienne chambre de la Païva.
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n°6/9
Contigu à la salle à manger, l’ancien jardin d’hiver
a été transformé en salon. Il donne sur une cour intérieure, aménagée en patio. Une nouvelle aile ferme désormais cette cour au fond de laquelle se trouvaient les écuries.
Partout dans l’hôtel, des allégories peintes ou sculptées chantent la femme. Inspirées par l’école de Fontainebleau, ces représentations privilégient des silhouettes allongées aux formes fines et sensuelles.
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n°7/9
Des cheminées remarquablement sculptées
ornent les pièces de réception du rez-de-chaussée et celles des appartements privés, situés à l’étage et desservis par un escalier d’onyx qui fera écrire à Émile Augier : « Ainsi que la vertu, le vice a ses degrés » !
Œuvre de Dalou, la cheminée monumentale de la salle à manger
fait sans doute allusion à la carrière de la Païva. Dans la hiérarchie des courtisanes, celle-ci fut, en effet, une « lionne ». Les dessus-de-porte sont ornés de peintures de Ranvier représentant les saisons.
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n°8/9
Du lapis-lazuli est incrusté dans les boiseries marron et or du grand salon
, dominé par une grande peinture de Baudry. Le grand salon, transformé en salle de lecture, a gardé son décor intact. Comme dans le reste de l’hôtel, les tableaux et les meubles ayant appartenu à la Païva ont été dispersés.
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n°9/9
De style mauresque, la salle de bains
, avec sa baignoire en bronze argenté, doublée d’onyx, et ses carrelages de marbres rares, s’inscrit dans le luxe de l’ensemble de la demeure. On a beaucoup glosé sur le troisième robinet en bronze doré : champagne ? lait d’ânesse ? Il aurait plutôt servi à déverser de l’eau parfumée à base de décoction de fleurs.
En 1866, la Paiva, célèbre courtisane, inaugurait son hôtel particulier des Champs-Élysées. Celle qui, quelques années plus tôt, avait déclaré à son ami Théophile Gautier : « Je veux avoir un jour le plus bel hôtel de Paris », savourait enfin sa réussite.
Née à Moscou en 1819, dans une famille de réfugiés juifs polonais, Esther Lachmann (son vrai nom) a connu une enfance misérable. Mariée à 17 ans à un modeste tailleur français, Antoine Villoing, elle abandonne rapidement enfant et mari, pour faire fortune ailleurs. Son objectif, c’est Paris où elle arrive sous le nom de Thérèse. Jeune et belle, elle attire le regard des hommes… et fait ses débuts de prostituée dans le quartier des Lorettes. […]
Elle peut ainsi épouser son nouveau prétendant, le très fortuné Guido, comte Henckel von Donnersmarck, de onze ans son cadet. Propriétaire de mines de zinc, de fer et de charbon en Silésie, le comte, très épris de la marquise, se montre d’une générosité sans limite. Le destin que la Païva s’est forgé avec une extrême détermination connaît enfin son apothéose.
La Païva aurait servi de modèle au sculpteur Delaplanche
pour cette allégorie de l’Harmonie ou de la Musique qui orne la cheminée en marbre rouge du grand salon.
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