Découvrez les Charmettes, la maison de Jean-Jacques Rousseau

Le 30 mai à 11h46 - par Sophie Giagnoni. Photos : Nicolas Tosi - Art & Décoration

Jean-Jacques Rousseau a 24 ans lorsqu’il s’installe aux Charmettes. Cette maison, abondamment décrite dans Les Confessions, est devenue un pèlerinage littéraire. Lamartine, George Sand et Stendhal, entre autres, sont venus s’y recueillir. A l’occasion du tricentenaire de la naissance de l’écrivain, Art & Décoration vous fait découvrir les lieux.

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    Maison Charmettes paysage

    C’est accompagné de Mme de Warens, qu’il surnomme tendrement « maman », que Jean-Jacques Rousseau vient aux Charmettes, en 1736. À la fois sa tutrice – l’éducation du jeune homme lui avait été confiée huit ans plus tôt –, Mme de Warens était aussi sa maîtresse.

    C’est dans cette paisible demeure qu’il écrit son premier recueil, Le Verger de Madame la baronne de Warens, et surtout qu’il se livre à l’observation et à la réflexion qui permettront à « son tempérament naissant » de s’épanouir.

    Photo : Située à mi-hauteur d’un vallon, encaissée entre deux talus où s’épanouissent vignes et vergers, la maison qui abrita les amours de Jean-Jacques Rousseau et de Mme de Warens est l’incarnation du romantisme bucolique. Son architecture simple et modeste renforce son aura sentimentale et romanesque.

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    Entree maison charmettes

    Cette maison savoyarde, Jean-Jacques Rousseau en a détaillé la position dans les livres V et VI des Confessions, « à la porte de Chambéry, mais retirée et solitaire comme si l’on était à cent lieues ». Une bâtisse « très logeable », avec « au-devant un jardin en terrasse, une vigne au-dessus, un verger au-dessous ; vis-à-vis un petit bois de châtaigniers, une fontaine à portée ». Une situation inchangée jusqu’à aujourd’hui, en partie grâce à son classement aux Monuments historiques depuis 1905. 

    Photo : La maison des Charmettes, en pierre et au toit d’ardoise, apparaît embrassée par la végétation. Sur la terrasse on aperçoit, au loin, Chambéry.

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    Cabinet de musique Charmett

     

    Si la maison a conservé son apparence, sa volumétrie simple et massive, coiffée d’une toiture à quatre pans, ses décors intérieurs ont été largement transformés depuis le séjour de l’écrivain. Ainsi, les pièces du rez-de- chaussée, la salle à manger et le salon de musique arborent des peintures en trompe-l’oeil à la mode italienne qui datent de la fin du XVIIIe siècle.

    Photo : Rare vestige, le clavecin de Rousseau trône dans son cabinet de musique. Toutefois Arsène Houssaye raconte dans Les Charmettes (1863) que des « Anglaises sentimentales, qui avaient lu La Nouvelle Héloïse, ont emporté tous les fa dièse »

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    Meuble maison charmettes

    Lieu de pèlerinage depuis 1811, la maison a souffert de nombreux vols. La modestie de son ameublement ne constitue cependant en rien une limite à sa visite tant la demeure est chargée d’une atmosphère prégnante.

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    Cuisine maison charmettes

    L’ancienne salle à manger est parée de colonnes peintes en trompe-l’oeil postérieures au séjour de Rousseau. Leurs couleurs, ocre et gris, sont en harmonie avec l’atmosphère des lieux.

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    Salle a manger buffet

    Une simple table, un grand buffet, la salle à manger conserve le souvenir de Mme de Warens servant à ses domestiques des « tartiffles » (pommes de terre). Indélébile, le tableau du bonheur domestique se déploie dans chaque pièce.

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    Portes maison charmettes

    Au-dessus des portes, des impostes décorées ornent le salon de musique. George Sand évoque ces ornements peints sur papier et toiles tendues dans son album de dessins de 1861 : « Je les crois réellement chinois, très vifs de couleur. »

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    Chambre maison charmettes

    À l’étage, dans les chambres reconstituées de Jean-Jacques Rousseau et de Mme de Warens, les changements sont également nombreux. Le mobilier d’époque a quasiment disparu, si ce n’est un clavecin dans le salon de musique et un miroir dans une chambre. Il n’en reste pas moins que la demeure est encore pénétrée d’une atmosphère toute rousseauiste.

    La simplicité presque austère du mobilier, les tonalités éthérées des peintures murales, les fenêtres largement ouvertes sur la nature environnante… évoquent cet asile du bonheur génialement décrit dans Les Confessions : « Je me levais avec le soleil, et j’étais heureux ; je me promenais, et j’étais heureux ; je voyais maman, et j’étais heureux ; je la quittais, et j’étais heureux ; je parcourais les bois, les coteaux, j’errais dans les vallons, je lisais, j’étais oisif, je travaillais au jardin, je cueillais les fruits, j’aidais au ménage, et le bonheur me suivait partout. »

    Photo : Attablé à ce secrétaire, Jean- Jacques Rousseau découvrit les classiques. Entre ces murs, qui conservent quelques-uns de ses
    livres, il élabora « ce grand fonds d’acquis qui lui permit de se suffire à lui-même et de penser sans le secours d’autrui » (Les Confessions, livre VI).

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    Chambre maison charmettes

    Autodidacte brillant, le jeune philosophe étudie aux Charmettes la musique, l’astronomie, la géométrie, l’histoire, la physique, la chimie… Il herborise les plantes du jardin, élève des pigeons et des abeilles, se constitue une bibliothèque. Le domaine des Charmettes devient son magasin d’idées. « En lisant chaque auteur, je me fis une loi d’adopter et de suivre toutes ses idées sans y mêler les miennes, ni celles d’un autre, et sans jamais disputer avec lui. Je me dis : Commençons par me faire un magasin d’idées, vraies ou fausses, mais nettes, en attendant que ma tête en soit assez fournie pour pouvoir les comparer et choisir. » Un séjour béni dont Jean-Jacques Rousseau conserva
    toute sa vie la nostalgie.

    Photo : Voisine de celle de Rousseau, la chambre de Mme de Warens ouvre par deux larges fenêtres sur la nature environnante. Les motifs floraux qui agrémentent la chambre de « maman » ne sont pas sans évoquer le caractère de « cette femme pleine de complaisance et de douceur ».

C’est accompagné de Mme de Warens, qu’il surnomme tendrement « maman », que Jean-Jacques Rousseau vient aux Charmettes, en 1736. À la fois sa tutrice – l’éducation du jeune homme lui avait été confiée huit ans plus tôt –, Mme de Warens était aussi sa maîtresse.

C’est dans cette paisible demeure qu’il écrit son premier recueil, Le Verger de Madame la baronne de Warens, et surtout qu’il se livre à l’observation et à la réflexion qui permettront à « son tempérament naissant » de s’épanouir.

Photo : Située à mi-hauteur d’un vallon, encaissée entre deux talus où s’épanouissent vignes et vergers, la maison qui abrita les amours de Jean-Jacques Rousseau et de Mme de Warens est l’incarnation du romantisme bucolique. Son architecture simple et modeste renforce son aura sentimentale et romanesque.

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