Plaque tournante du commerce des vins sous les Romains, Tolosa était déjà de couleur rouge il y a près de deux mille ans, comme en témoignent les vestiges de son rempart paré de briques. Privée de pierre de taille dans une région riche en argile, Toulouse s’est depuis toujours construite en terre glaise unie à la paille ou au sable, crue, cuite, moulée ou vernissée, parfois même couchée sur des lits de galets.
L’utilisation de ce matériau peu onéreux, dont on fait les tuiles et les briques, a engendré un urbanisme unique, tantôt modeste, tantôt somptueux, mais que le Siècle des lumières, dominé par l’idéal parisien, avait tenté de masquer sous des crépis blancs. Plus tard, l’obsession bourgeoise de paraître cossu habilla les façades de décors de fausse pierre sculptée, volutes et arabesques, mascarons et lambrequins, balustres et pilastres en terre cuite moulée, blanchie façon marbre.
Mais depuis 1920, grâce aux historiens et aux poètes locaux, la brique est revenue à l’honneur, qu’elle soit rouge sombre ou beige rosé, appareillée de galets de Garonne comme sur les toulousaines ou sertie de quelque pierre précieuse dans les hôtels particuliers.
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