Formée à l’art du paysage en Angleterre, la propriétaire de ce jardin se passionne pour les plantes d’aspect exotique. Quand elle a décidé de s’offrir le plaisir de les contempler tout autour de sa maison, le terrain ne s’y prêtait pas vraiment ; il était en effet envahi par les herbes et exposé à tous les vents. Mais le climat de la région restant doux en hiver, il était possible d’améliorer les choses en délimitant le jardin par des palissades et des haies brise-vent. Ce qui a été fait sur la base d’un plan général d’aménagement du jardin.
La partie réservée aux plantes exotiques a ainsi été installée en terrasses devant la maison, sur une surface de près de 300 m2 ! Ces plantes venues du Chili, d’Afrique du Sud et de Nouvelle-Zélande pour la plupart s’adaptent en réalité très bien aux températures du littoral français, ou encore aux patios en cœur de ville. De plus, elles résistent bien à la sécheresse, ce qui est un avantage non négligeable. Leurs formes et textures originales ainsi que leurs floraisons décalées ou spectaculaires donnent un style affirmé au décor. La grande richesse de cette flore permettait d’avoir ici une collection choisie avec soin et mise en valeur par un sol minéral.
Un jardin de graviers
Dans ce jardin exotique, ce matériau est très intéressant car il fait ressortir toutes les plantes aux formes graphiques et met également en relief les cultures en pots d’espèces plus sensibles qui se rentrent en hiver. Il reste perméable à l’air et à l’eau, et est idéal pour couvrir une grande superficie. Cette surface neutre est utilisée comme une toile de fond pratique, ludique et devient partie intégrante du décor. La mosaïque de feuillages persistants des espèces exotiques, toutes plus originales les unes que les autres, n’a pas de meilleur allié car bien peu de mauvaises herbes s’y insinuent.
Pour adoucir quelque peu l’ambiance, seuls les érigérons des murailles (E. karvinskianus) avec leurs fleurs en pompons, et les stipas « cheveux d’ange » se ressèment dans cette mer minérale. L’entretien est très réduit, car les succulentes n’ont quasiment pas besoin d’arrosage. Les plantes en pot demandent par contre à être abreuvées, n’ayant pas assez de terre autour de leurs racines pour résister à la sécheresse.
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Des silhouettes inhabituelles
Élancées, en éventail, en aiguilles, arrondies ou en rosace, toutes les plantes exotiques présentent des profils insolites. C’est ce qui fait leur charme, en plus de leurs floraisons particulières : luttant contre la sécheresse et la chaleur de leur région d’origine, beaucoup poussent lentement et mettent plusieurs années avant de fleurir, puis meurent épuisées par cet effort. Mais elles fleurissent quand la survie de l’espèce est assurée par de nouvelles plantules disséminées autour de leur pied ou le long des tiges. C’est le cas des agaves et de l’incroyable Furcraea dont la hampe florale monte à plus de trois mètres de haut.
D’autres fleurissent chaque année sans dommages, comme la Crassula ovata aux feuilles rouges et vertes, qui devient un arbre miniature. La famille des palmiers et des cordylines est aussi bien représentée, dont la Cordyline australis, la plus aérienne et la plus décorative. Rustique, le palmier de l’espèce Trachycarpus fortunei supporte très bien nos hivers. Pour accompagner toutes ces beautés venues d’ailleurs, des graminées offrent leur souplesse. Elles contrastent joliment avec l’aspect plus rigide des exotiques et rendent ce jardin poétique.
L’astuce du jardin
Le jardin de graviers a été posé sur une bâche couvre-sol en plastique non tissé, installée après un bon désherbage, un sarclage et un nivellement du sol. Cette bâche laisse passer air et eau, mais évite la levée d’herbes spontanées. La plantation s’est faite en coupant la bâche en croix au cutter, à chaque emplacement prévu à l’avance. Chaque trou de plantation, profond, a été drainé avec du gravier et la terre sortie du trou mélangée avec du compost bien décomposé pour apporter des éléments nutritifs aux plantes. Après rebouchage, l’épandage de graviers s’est fait directement sur la bâche (ép. de 3 cm). Cette technique convient parfaitement aux plantes exotiques et à toutes les plantes sensibles à l’humidité.
Guide jardin réalisé par Célia Robin. Photos Marie Turner
Maison&Travaux N°225 Juin 2010
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