Cela n’aura échappé à personne, nous trouvons du concombre sur les étals des marchands de légumes durant toute l’année. Et pour cause, le concombre, culture extrêmement sensible sur le plan sanitaire, est désormais cultivé sous serre, hors-sol. Les modes de culture traditionnels ont été abandonnés depuis que cette technique a démontré ses aspects positifs, en particulier pour le concombre. Pénétrer dans une serre hors sol, c’est découvrir, de manière assez étonnante, une autre facette de l’agriculture, encore plus technique et précise que la tradition du plein champ.
Les producteurs qui utilisent les méthodes hors-sol sont obligés de se spécialiser dans un légume unique par serre, à la fois pour des questions de rentabilité et pour des raisons sanitaires. La serre est un monde clos, géré avec minutie et, comme ici chez Jacky Chéron, installé dans le Loiret, avec un réel souci d’écologie. « Il y a beaucoup d’a priori contre la culture hors-sol, concède-t-il. Mais finalement, dans ma serre, rien n’est rejeté dans le sol, donc dans la nappe phréatique. De plus, toute l’eau utilisée ou non par les plantes est récupérée dans de petites rigoles afin de réalimenter les cultures. Nous sommes économes ! Sur le sol, nous installons des bâches étanches pour éviter le développement des mauvaises herbes, et nous n’avons donc pas besoin de recourir aux herbicides… ».
Quant au chauffage : « Il est parfois nécessaire pour éviter que les feuilles ne soient trop humides, explique Jacky Chéron. Mais la serre reçoit naturellement trois fois plus d’énergie l’été que l’hiver, donc nous travaillons, d’une part à utiliser un chauffage propre de type géothermie, d’autre part à récupérer et à stocker les calories produites durant l’été pour les brûler en hiver ».
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En serre, le concombre grandit dans une atmosphère constante. La température de ses racines étant la même que celle de ses feuilles, l’alimentation par la sève est plus homogène. Par ailleurs, les racines n’étant pas enterrées, on évite ainsi les maladies qui s’insèrent d’ordinaire au niveau du collet dans la culture de plein champ. Jacky Chéron reçoit ses jeunes plants au stade de quatre à cinq feuilles, installés à raison de un à deux plants par mètre carré. Les plantations sont échelonnées pour pouvoir fournir le marché français du 1er mars au 1er novembre.
Ensuite, des régions plus ensoleillées prennent le relais, comme l’Espagne. Entre la plantation et la récolte, trois semaines à un mois et demi s’écoulent, selon la saison. Les mottes d’élevage sont posées sur des pains de substrat inerte (réalisés à partir de laine de roche ou de fibres de bois) dans lesquels les racines du concombre viennent s’enfoncer. « On le sait peu, explique Jacky, mais le concombre respire à 70 % par ses racines, c’est pourquoi il lui faut un sol très aéré et dans lequel l’eau ne stagne pas. » La plante est nourrie par des goutteurs, et l’arrosage est prodigué en fonction des besoins de chaque plante, pour une gestion économe de l’eau. Une nécessité quand on connaît la gourmandise du concombre : la plante peut atteindre quatorze mètres en moins de trois mois ! Il faut donc la tailler très régulièrement pour limiter son extension et favoriser la fructification, puis cueillir les fruits à la bonne maturité !
Reportage réalisé par Aurélie Laglantine. Photos Franck Bel
Mon Jardin & Ma Maison N°603 Avril 2010
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