En savoir plus sur le figuier de Barbarie

Le 4 novembre à 12h19 - - Mon Jardin & ma maison

On croise souvent sans oser s'en approcher le figuier de Barbarie, un cactus couvert d'épines... Dans les Pyrénées-Orientales, Patricia en a fait sa raison de vivre.

(Reportage Aurélie Laglantine - Photos Franck Bel - Nov. 2011)

Il est des trésors de la nature qui se méritent et nécessitent une belle ingéniosité de la part des gourmands pour en profiter. Dans le classement des fruits impossibles à cueillir, la figue de Barbarie tient le haut du pavé. On n’en attend pas moins du fruit d’un épineux cactus, Opuntia ficus indica.

Originaire du Mexique, où l’on en compte plusieurs centaines d’espèces et où il se nomme nopal, le figuier de Barbarie fut introduit dans le pourtour méditerranéen au retour des expéditions des conquistadors espagnols, au XVIe siècle. Amateur de terres pauvres, drainantes et caillouteuses, ce cactus envahit facilement les terres incultes du sud-est de la France et de la Corse.

C’est à côté de Banyuls que Patricia récolte depuis une vingtaine d’années les figues de Barbarie. Cactocultrice au caractère bien trempé, Patricia raconte : "Je voulais tout simplement rester au pays, et y trouver un moyen de subsister. J’ai eu l’idée d’aller ramasser ces fruits dont personne ne voulait et qui pourrissaient sur pied, alors qu’on les consomme dans d’autres régions du globe. Travailler ce fruit est d’ailleurs très souvent une histoire de femmes"

Elle en cueille aujourd’hui plus d’une tonne par an, avec une technique bien à elle : celle de la pince à spaghettis, dents toujours vers le haut pour saisir les fruits sans les abîmer… ni se piquer ! Il faut dire que, selon les variétés, les raquettes du figuier de Barbarie sont recouvertes d’épines plus ou moins proéminentes, tout comme le fruit. Chaque fleur, qui s’épanouit entre avril et juillet, donnera un fruit unique. Selon les lieux de cueillette, l’exposition et l’altitude, la récolte des fruits s’échelonne de début octobre jusqu’aux gelées, qui surviennent de manière très aléatoire dans cette frange littorale des Pyrénées-Orientales.

Quand les tout premiers fruits commencent à tomber, l’heure de la récolte est venue. Patricia intervient toujours par temps clair, sans vent, pour ne pas être recouverte d’épines volatiles. La maturité se repère essentiellement à la couleur du fruit, différente selon les variétés.

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