Piscine en toute sécurité

Le 27 octobre à 09h25 - - Maison & Travaux

Tout bassin privé doit être muni d’un dispositif de sécurité normalisé. Quatre sont admis par la loi : alarmes, barrières, abris et couvertures. L’usage déterminera votre choix... Et votre vigilance fera le reste.

La loi de 2003 “relative à la sécurité des piscines” prévoyait qu’à compter du 1er janvier 2004, toutes les piscines construites devaient être munies d’un dispositif de sécurité, qu’elles soient à usage individuel ou collectif. Les propriétaires d’un bassin réalisé antérieurement avaient quant à eux jusqu’au 1er janvier 2006 pour se mettre en règle avec la législation. Désormais plus personne ne peut y déroger. En cas de location saisonnière, les habitations qui en sont équipées sont également soumises à cette obligation. Toutefois, les piscines posées sur le sol, gonflables ou démontables, ainsi que les celles situées à l’intérieur d’un bâtiment, ne sont pas concernées par cette législation. Parmi les quatre familles de dispositifs de sécurité recensées par la loi — alarmes, barrières, couvertures de bassin ou abris –, les prix peuvent varier du simple au centuple, entre une alarme immergée et un abri haut luxueux, ce dernier constituant bien plus qu’un système élémentaire de sécurité.

Le budget consacré à la sécurisation de la piscine s’avère donc être un critère important dans le choix d’un dispositif… Mais attention ! En terme de sécurité, il faut en effet être conscient que, quel que soit le système choisi, celui-ci ne doit en aucun cas remplacer la vigilance humaine. De nombreux accidents ont lieu au moment de la baignade, lorsque les systèmes sont désactivés. Il faut aussi savoir qu’une alarme immergée se réinitialise cinq minutes après la baignade, lorsque le mouvement de l’eau est apaisé, et que quelques secondes suffisent pour qu’un enfant tombe à l’eau...

Les alarmes : une installation rigoureuse (Voir photos 1 à 6)

Elles constituent la solution la plus discrète et la plus économique. Immergés ou périphériques, ces systèmes de détection doivent disposer d’au moins une sirène intégrée ou d’une sirène déportée par liaison filaire. Cette technique ne peut être utilisée pour sécuriser une piscine que si la distance entre l’hébergement et le bassin permet d’intervenir en moins de trois minutes en cas de déclenchement. Les alarmes peuvent être branchées sur secteur ou être alimentées par des piles, par une batterie rechargeable ou par un système photovoltaïque.

Elles font l’objet d’une norme (NF P 90-307) stipulant que les commandes d’activation et de désactivation ne doivent pas pouvoir être utilisées par un enfant de moins de 5 ans et que le système d’alarme périmétrique doit détecter tout franchissement de la zone de protection par un enfant de moins de 5 ans. Elle donne également les seuils de déclenchement des alarmes immergées lors de chute d’enfants depuis la margelle, ou d’une marche, ou pénétrant dans l’eau par une descente douce. Elle précise que les alarmes ne doivent pas se déclencher de façon intempestive (passage d’un oiseau, vent, etc.).

Immergées…
Ces alarmes comportent un capteur qui repère le mouvement de l’eau dans le bassin. Elles déclenchent un signal sonore lors de la chute d’un objet dans l’eau. Avant d’acquérir ce type d’alarme, assurez-vous qu’il est compatible avec votre modèle de bassin : ces systèmes ne conviennent pas aux piscines présentant un accès à l’eau en pente régulière inférieure à 30 % sans rupture de pente. La centrale de détection doit être placée sur un des bords, au milieu de la longueur et contre une paroi plane de la piscine. La zone de détection est généralement de 7 mètres autour de l’alarme (se reporter aux recommandations du fabricant). Pour les piscines de très grande dimension ou de forme particulière (en L), il peut être nécessaire de placer deux appareils de détection (demandez conseil au revendeur).

L’alarme doit être installée à une distance supérieure à 1 mètre des équipements pouvant perturber l’eau du bassin et susceptibles de déclencher des alertes injustifiées : buse de refoulement, bonde de fond, skimmer, prise balai, cascade d’eau. Après installation, faites des tests de chutes en différents points du bassin et assurez-vous que l’alarme est audible depuis votre lieu de résidence. Il est ensuite conseillé de vérifier ou faire vérifier régulièrement le bon fonctionnement de l’appareil. Si la piscine est dotée d’une nage à contre-courant, il faut la supprimer à la fin de la baignade pour permettre la réactivation du système de sécurité. Certaines alarmes peuvent également interrompre la surveillance en cas de fortes rafales de vent.

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Le niveau d’immersion de la centrale doit impérativement rester conforme aux recommandations du fabricant, il faut donc contrôler régulièrement le niveau d’eau de la piscine, notamment en cas de forte chaleur ou après plusieurs jours successifs de pluie et de vent. Autre principe : le capteur à placer sous la surface de l’eau (entre 15 et 20 cm). Il est relié à une centrale alarme qui se déclenche sur détection des ondes en cas de chute. Il a l’avantage d’être discret, de fonctionner dans une piscine à débordement ou agrémentée d’une fontaine et est également compatible avec les bassins équipés d’une bâche ou d’un volet roulant. Certains systèmes proposent en option des bracelets capteurs à placer au poignet de l’enfant et qui permettent le déclenchement de l’alarme dès que celui-ci entre en contact avec l’eau, même si la centrale de détection est désactivée. Une sécurité supplémentaire…

…Périphériques
Ces systèmes d’alarme sont constitués de bornes ou balises qui entourent la piscine d’un faisceau protecteur. Des rayons infrarouges invisibles (généralement l’un à 20 cm du sol et l’autre à 45 cm) forment une barrière sur le périmètre de la piscine. Dès le franchissement de l’une de ces bornes, le faisceau optique est coupé et une sirène retentit, avant même que l’enfant n’ait eu le temps d’atteindre l’eau. Bien que conçues pour éviter les déclenchements intempestifs (si une feuille d’arbre tombe ou si un oiseau passe dans le rayon, par exemple), ces alarmes sonnent lors du passage d’un animal domestique (chat, chien).

Quatre bornes, une à chaque angle de la piscine, sont nécessaires pour protéger tous les accès. Elles sont reliées entre elles et à la centrale par un câble électrique en basse tension. A noter un système radio, donc sans fil, qui simplifie la mise en place. Lors de l’installation, il faut respecter les distances minimales et maximales entre les plots indiquées par le fabriquant. Ces alarmes, plus sécurisantes que les systèmes immergés car se déclenchant de façon préventive, mettent plus de temps à se réactiver après la baignade (au bout de 30 à 45 minutes d’inactivité environ, en fonction des modèles). Elles sont également plus chères (1000 à 2000€ environ).

Contrôler l’accès au bassin (Voir photos 7 à 17)

Une manière simple d’éviter les accidents de noyade en piscine est d’en rendre l’accès impossible hors surveillance d’adultes. Pour cela, il existe trois possibilités qui répondent à des normes précises. La première consiste à placer des barrières. Plutôt simples à installer, elles offrent un grand choix de matériaux. Quant aux couvertures sécurisées à déployer sur le bassin, elles existent en version souple ou rigide. Et enfin, les abris : ils constituent un véritable aménagement au-dessus de la piscine. Outre le fait d’être un système de protection efficace, ils permettent une utilisation saisonnière plus étendue.

Les barrières de protection
Le choix est large car les matériaux sont variés, fixes ou souples. Leur coût est déterminé selon qu’elles sont faites en bois, métal, verre, plastique, treillis plastique ou textile. Les barrières rigides présentent l’avantage de protéger le bassin du vent et lorsqu’elles comportent un remplissage en verre, elles peuvent faire office de solarium. Ces protections font l’objet de la norme NF P 90-306. Celle-ci stipule que la barrière doit empêcher le passage d’enfants de moins de 5 ans par enjambement ou escalade, ou par ouverture non intentionnelle des moyens d’accès. Leur hauteur est d’au moins 1,10 mètre et ellesne présentent aucun risque de blessure.

La norme précise encore que la barrière doit être installée le plus près possible du bassin tout en conservant une distance minimale de sécurité d’un mètre, mais on peut la placer plus loin dans la mesure où elle remplit toujours son rôle initial. Autre point important : elle doit être munie d’un portillon, à ouverture coulissante ou vers l’extérieur, dont le mécanisme nécessite deux actions simultanées. La fermeture sera automatique, ainsi que le verrouillage en cas d’usage collectif.

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Les systèmes de couverture
Ils existent en version motorisée ou manuelle. Il faut compter environ 1000€ pour une couverture souple en PVC renforcé et entre 2000 et 3000€ pour une couverture rigide. Les modèles translucides destinés à limiter l’évaporation de l’eau –couvertures à bulles, couvertures flottantes ou bâches d’hivernage–ne sont pas considérés comme un système de sécurité. Les exigences sont définies dans la norme NF P90-308 qui précise que le dispositif doit empêcher l’immersion involontaire d’enfants de moins de 5 ans et ne pas présenter de risque de blessure, coincement, suffocation et étranglement lors de la manipulation. Un jeune enfant ne doit pas pouvoir passer sous la couverture, ni s’enfoncer en marchant dessus.

Ces protections sont tenues de résister au franchissement d’un adulte sans que l’on constate ni déchirure, ni désolidarisation des systèmes de fixation. Et le dispositif d’ancrage résistera à un choc de 50 kg. Comme les abris, les couvertures possèdent l’avantage de conserver la chaleur de l’eau pendant la nuit et de protéger des salissures durant la mauvaise saison. En ce qui concerne la mise en oeuvre d’un volet ou d’une couverture automatique, il est préférable – voire nécessaire – de la prévoir dès la construction de la piscine. L’installation de la couverture, quant à elle, peut être réalisée ultérieurement.

Le B.A.BA de la sécurité
■ Ne jamais laisser un enfant seul près de la piscine.
■ Désigner un seul adulte responsable de la surveillance.
■ Equiper le jeune enfant de brassards ou d’un maillot de bain à flotteurs adapté à sa taille dès qu’il est à proximité de la piscine.
■ Poser à côté de la piscine : une perche, une bouée et un téléphone pour alerter les secours le plus rapidement possible.
■ Après la baignade, sortir tous les objets flottants : jouets, bouées, objets gonflables et remettre en place le dispositif de sécurité.
■ Apprendre à nager à l’enfant dès l’âge de 4 ans et lui faire prendre conscience du danger.
■ Se former aux gestes qui sauvent.
■ Stocker les produits de traitement de l’eau hors de portée des enfants.

Les abris
Ils existent en versions basses –ce sont les plus discrets–, intermédiaires ou hautes. Ils peuvent également être amovibles, télescopiques, relevables, coulissants ou semi-coulissants... Leur coût varie en conséquent en fonction du modèle choisi (jusqu’à 30000€). Ce type d’équipement répond lui aussi à des normes précises en rendant le bassin inaccessible aux enfants de moins de 5 ans (norme NF P90-309). Pour les abris qui comportent des parties mobiles, un système de verrouillage sécurisé empêchera toute ouverture des portes, parois coulissantes ou fenêtres, par des enfants. Concernant les versions basses, les structures doivent résister au poids d’un enfant. On leur demande par ailleurs de résister à un vent de 100 km/h... Avantage non négligeable, l’abri permet une utilisation plus fréquente et s’il est équipé de matériaux isolants, de prolonger la durée de la baignade dans la saison.

Les limites de la loi
Si les intentions du législateur sont tout à fait louables, le décret d’application de la loi, en date du 7 juin 2004, ouvre une brèche. Alors que la législation impose l’utilisation de systèmes de protection normalisés, le décret donne la possibilité d’utiliser des systèmes seulement déclarés conformes aux prescriptions minimales décrites dans le texte. Il faut donc se méfier de certains matériels d’origine douteuse vendus sur Internet, assurés conformes par leurs fabricants et dont la conformité n’est pas prouvée. Pour lever l’ambiguïté, les entreprises les plus responsables ont investi dans les processus de fabrication et font valider la conformité des produits par des laboratoires indépendants. D’autres ont choisi d’aller au-delà des exigences minimales demandées par les normes et font certifier leur matériel par la marque NF équipements de piscines.

Guide pratique réalisé par Isabelle Coune.
Maison&Travaux N°208 Avril-Mai 2008

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