À quelques kilomètres de Villefranche-sur-Saône, ce château à la pierre dorée posé sur son parterre à la française apparaît comme dans un rêve. Il n’a pas fallu plus d’un quart d’heure pour passer de la triste urbanisation des axes autoroutiers aux doux coteaux du Beaujolais façonnés par le travail de la vigne... et déjà Martine Meunier ouvre le portail.
La bonne fée du domaine, c’est elle, avec Erick Roizard et Jean-René Cholat, ses associés, fondateurs de la Société des éditions horticoles de France : en moins de quinze ans, ils ont créé plusieurs revues professionnelles qui les placent au cœur du monde horticole. C’est dans les années 90, en créant les journées des plantes de Fléchères, dans les Dombes à 20 kilomètres de là, qu’ils se sont rapprochés, désireux d’exprimer un attachement à la campagne et aux jardins.
L’événementiel, ils connaissent aussi pour avoir monté des salons et des expositions comme Allons voir les roses, qui fut visitée par les premières dames du monde à l’occasion du G7 en juin 1996. Ce savoir-faire, le goût pour la mise en scène et de réelles amitiés avec les professionnels de l’horticulture et du paysage, les ont armés naturellement pour l’aventure de Bionnay.
Ils découvrent le domaine, ravagé par la grande tempête de 1999. Immédiatement conquis, Erick Roizard et Martine Meunier, s’investissent personnellement, lui vers l’histoire et l’architecture, elle dans les compositions végétales. L’ensemble n’est pas en si mauvais état, mais les travaux sont lourds et il faudra trois ans de débroussaillage, de nettoyage, d’élagage et de taille pour que réapparaissent les formes du jardin à la française des années 1900.
<page />
Le parc romantique, plus ancien, resurgit aussi avec sa grotte, ses points d’eau et autres vestiges pittoresques. Les lieux sont parfaitement respectés en dépit d’apports nombreux : une série de chambres secrètes est implantée le long du mur d’enceinte : dédiées à la rose à travers l’histoire, elles montrent différents styles, jusqu’au cloître de Cassandre d’inspiration médiévale avec ses carrés parfumés.
En face, sur une terrasse ensoleillée, le jardin italien, au parfum d’orangers, tout gris de lavandes et de santolines, est la dernière pièce, tout juste terminée. En ce matin de mai, le château inhabité n’est pas sans évoquer celui de la Belle au bois dormant avec ses tourelles, ses belles ouvertures mystérieuses, et le parc romantique. Les bancs en rocaille sous le couvert des allées se réveillent avec des coulées de fleurs fraîches, à l’image du Chemin de roses occupé pour l’heure par des touffes de pivoines, de pavots, de juliennes et d’iris. Passe une silhouette alerte, tel un elfe discret presque invisible, repérable au son du sécateur : c’est Annick la jardinière, sur qui repose le quotidien ! Les journées entières à remuer terre et plantes ne lui font pas peur car elle était vigneronne. La dernière crise du Beaujolais l’a menée ici et elle y évolue avec bonheur.
En pratique
● Les jardins de Bionnay, Route du château, à Lacenas (Rhône), sont ouverts au public du 1er avril au 27 juin, les jeudi, vendredi, samedi et dimanche et fériés, (14 h-18 h). www.jardindebionnay.com.
● Animations : compositions florales au château en mai, musique en juin...
● Entrée 7,50 €, gratuit pour les moins de 12 ans. Abonnement annuel 19 €.
Reportage et photos réalisés par Béatrice Pichon
Mon Jardin & Ma Maison N°604 Mai 2010
Votre maison en 3d
Tous les évènements maison et déco
Partagez toutes vos idées déco
S'inspirer par style
























Commentaires
0 commentaire
0 commentaire sur “Bionnay : ce domaine du beaujolais ne connait pas la crise”