Sous les feux de la laque (voir photo 1)
De style épuré, le décor de cette cuisine cherche à briller! Et le résultat se fait éclatant sous l’ardeur d’un rouge écarlate choisi pour réveiller le mobilier d’un blanc immaculé. Des panneaux en MDF de 19 mm d’épaisseur et 65 cm de largeur ont été laqués avant d’être posés bord à bord en crédence. La mise en peinture à plat favorise le tendu du film tout en diminuant le risque de coulures. On obtient un effet miroir par superposition des couches, toutes devant être extrêmement fines. Une fois parfaitement secs, les panneaux ont été fixés avec une colle néoprène par double encollage. La ventilation performante évite aux vapeurs grasses de se déposer sur ce décor «précieux».
Architectes Pauline Manser er Véronique Descharrières (COMPOSITE ARCHITECTES).
Version zinc des coupes de haut vol (voir photo 2)
Une récupération de charme! Cette plaque de zinc provenant d’une ancienne cuisine scolaire a conquis le mur de la cuisine. Elle a été découpée en partie haute pour que se dessinent sur le mur des silhouettes d’oiseaux. La particularité de ce métal réside en effet dans sa souplesse qui permet de réaliser aisément des coupes avec une cisaille à main, ou mieux, montée sur un moteur de perceuse. On peut toutefois se procurer du zinc neuf (Tartaix en propose en feuille de 100 x 200 cm). L’épaisseur maximale est de 1 mm si l’on souhaite redéfinir les contours. Ce métal se fixe sur les murs à l’aide d’une colle néoprène. Tendre et sensible aux chocs et aux rayures, il ternit dans le temps même si on le protège avec un vernis.
Du bois dans la force de l’âge (voir photo 3)
Une idée singulière pour recycler un vieux parquet. Toujours vu de haut, le voici en point de mire pour habiller la crédence d’une cuisine de campagne. Bien que légèrement poncées et bien décrassées, ces planches d’un autre âge qui ont également servi à réaliser les façades des rangements ont conservé les marques du temps. Contre le mur, elles sont fixées sur une ossature en bois en ménageant des chicanes pour que l’air n’y reste pas emprisonné. Les planches ont été collées avec un mastic colle (« Fixer sans percer » de Sader) pour ne pas altérer leur apparence par des têtes de vis ou des pointes. Placées à joints vifs, elles reposent sur le plan de travail en inox non sans avoir prévu un joint silicone translucide intermédiaire pour éviter le contact direct de l’eau qui pourrait imprégner le bois par capillarité. Sans cire ni vernis, laissons le naturel reprendre le dessus en évitant tout de même les projections maladroites.
Le verre en pointillé (voir photo 4)
En réunissant luminosité et motif, le verre habille la crédence avec élégance. Déclinés en plusieurs modèles, ces carreaux se posent sur un support plan et sain de coloris uniforme par double encollage (mur et périphérie des carreaux) au mortier colle de classe C2S. Les joints de 2 mm minimum se mettent en oeuvre avec un mortier pour faïence murale sans époxy ni sable quartzeux. À l’usage, quelques précautions s’imposent toutefois: entre la crédence en verre et les foyers de cuisson, une distance de 10 cm au moins est requise et aucun accessoire de cuisson chaud ne doit être mis en contact. Ces carreaux de la collection Les Metallics, série «Feeling Metallic Carré» (45 x 15 cm), sont vendus à partir de 99 € le m2 (Saint-Gobain Glass).
Précieux émaux de verre (voir photo 5)
Fascinants de luminosité, les émaux de verre se présentent ici en une belle composition colorée. Leur fabrication particulière est entre les mains de quelques spécialistes (dont la société Albertini), ce qui en fait un matériau d’exception. En crédence, comme sur toute autre surface murale, ils sont prétextes à des créations uniques, car tous au départ se présentent en format unique de 8 x 8 cm. Selon un calepinage prévu, chaque carreau est donc taillé à dimension avec un coupeverre, puis à la pince coupante dite «japonaise» pour réaliser une mosaïque. La pose s’effectue comme celle d’un carrelage, avec un ciment colle, et les joints se remplissent d’un mortier à joint traditionnel. Toute la difficulté réside dans la création de la mosaïque qui prend forme lentement au fur et à mesure du collage des éléments de petite taille les uns après les autres. Un travail de patience et d’artiste!
Architecte Philippe Dard. Mosaïste Pierre Mesguish MOSAÏK
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L’inox en sur-mesure (voir photo 6)
Élégant et sain, l’inox est un matériau noble garant d’hygiène. Les professionnels en font usage sans condition; les particuliers leur emboîtent le pas pour afficher dans leur cuisine un sérieux de grand chef! Cette crédence est fournie sur mesure (cuisine Comprex) en 35 cm de hauteur. Pour qu’elle n’épouse pas la moindre irrégularité du mur, la tôle d’aspect brossé (qualité 18/10) est fixée sur un panneau en aggloméré hydrofuge de 19 mm d’épaisseur à l’aide d’adhésifs double face. La tôle, repliée en partie haute et sur les côtés, enrobe les chants du panneau et se prolonge au verso sur 4 à 5 cm. À la jonction avec le plan de travail, un joint est nécessaire. Il est solidarisé en atelier au panneau habillé, mais rien n’interdit de le faire soi-même en déposant sous le panneau un cordon de silicone translucide avant de le fixer au mur. Côté entretien, les produits un peu gras de type « Brillo » (Johnson) limitent les empreintes et les traces que laissent parfois les émanations de vapeur.
Réalisation DEAUVILLE CUISINE
Le charme dela pierre bleue (voir photo 7)
Caractéristique des carrières du Hainaut, la pierre bleue offre sa douceur au toucher et sa splendeur au regard. Elle entre dans nos cuisines pour structurer les éviers, dessiner les plans de travail ou habiller les murs. Nul doute que pour les amateurs de matériaux naturels et amoureux de cuisines raffinées, la pierre bleue est une séductrice. Selon la place qui lui est concédée, elle combine différentes épaisseurs et finitions (meulé, adouci, poli brillant). En crédence, une épaisseur de 20 mm est parfaitement adaptée, en finition adoucie foncée pour obtenir une surface satinée. La plaque se pose avec une colle à carrelage. Bien qu’on les trouve jusqu’à 280 m de longueur, en cas de raccords, un fin filet de silicone spécial non gras règle la question de l’étanchéité. Ce même type de joint est mis en oeuvre entre la base de la crédence et le plan de travail pour contrer les infiltrations. Côté entretien, la pierre se traite avant d’être posée avec un mélange en parts égales d’huile de lin et d’essence de térébenthine.
Terre cuitede caractère (voir photo 8)
Charme et poésie pour cette crédence carrelée. Ici, la nostalgie est de circonstance dans une pièce qui, bien que récemment refaite, évoque les cuisines d’antan. Le carrelage n’a pas été choisi au hasard : il s’agit d’une terre cuite émaillée dont la surface et les arêtes irrégulières ajoutent au caractère. De format traditionnel (13 x 13 cm), ces carreaux plus lourds que la faïence nécessitent un collage résistant. La colle a donc été déposée sur le mur avec un peigne à dents plus longues qu’habituellement. Les motifs assortis aux unis créent un bel ensemble caramélisé rehaussé par des joints ocrés («Joincolor», Weber et Broutin). Dans la collection Vieux pavés, «Géologie» est à 142,54€ le m2 en uni et 10,74€ pièce avec motif (Fauvel).
Élégante sobriété du grès cérame (voir photo 9)
Le carrelage traditionnel et le béton des temps modernes se rencontrent ici pour exprimer un nouveau style portant le nom évocateur de « Rêve Urbain ». Effet de matière, teintes tendance et grands formats signent la singularité de cette gamme de carreaux en grés cérame qui ne demande qu’à s’afficher sur les murs et au sol. Les cuisines de style contemporain les accueillent en crédence, où la douce minéralité des tons et la sobriété ambiante subliment le matériau et son grain. De l’avenir donc pour ces carreaux qui méritent d’être associés à des joints de même ton qui vont se fondre dans le décor. La crédence les accepte d’autant mieux qu’ils sont en nombre restreint au profit d’un entretien simplifié. Ils existent en gris, moka, noir ou beige, et sont roposés dans différents formats: en 60 x 60 cm et 30 x 60 cm à 66,50 € le m2, et en 45 x 45 cm à 31,90 € le m2 (Cerabati).
Net et brillantle verre (voir photo 10)
Pour mettre en valeur l’ambiance d’une cuisine, le verre laqué en plaque de 4 ou 6 mm d’épaisseur habille crédence et murs. Lisse comme un miroir, il associe l’esthétique de la laque et la brillance du matériau («Planilaque Évolution» de Saint-Gobain Glass, disponible en 10 coloris). Les plaques s’appliquent sur un fond opaque propre, sain et sec, et se fixent soit dans une feuillure soit avec des pattes de fixation comme un miroir. Lorsqu’il est posé en crédence, le collage est requis avec une colle translucide et neutre (sans silicone) qui se dépose en plot au dos du verre. Un premier joint entre la crédence et le plan de travail est réalisé avant le collage; il sera complété par un deuxième joint translucide et souple à la jonction des deux parties. Dans cet aménagement, il s’agit d’une autre nature de verre («Master- Shine », gamme Master Glass de Saint-Gobain Glass). Parfaitement transparent et structuré, il protège la peinture murale sans en altérer la teinte. Le verre s’achète à dimension chez les miroitiers.
Guide pratique réalisé par Catherine Levard
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