Une ferme transformée en maison moderne

Le 30 juillet à 10h50 - Maison & Travaux

Un long chantier de rénovation a transformé une ferme tourangelle du XVIIIe siècle en une demeure au confort contemporain. Matériaux modernes et anciens cohabitent en toute harmonie dans un intérieur épuré où le mobilier se fait volontairement rare et discret.

Construite au XVIIIe siècle, agrandie au XIXe, la ferme est en ruine avant que ne débutent les travaux. Une double préoccupation préside à sa rénovation : conserver absolument le charme et le caractère ancien et rural de la bâtisse, tout en y apportant le confort moderne. Ses propriétaires souhaitent un intérieur très contemporain, largement décloisonné, avec des matériaux faciles d’entretien et un mobilier réduit à son strict minimum. Leur cahier des charges comporte en outre la création d’un étage, en lieu et place des anciens greniers, et la multiplication des ouvertures sur l’extérieur pour faciliter les communications avec le jardin.

La consolidation du bâti

A l’origine, la ferme est construite en moellons de tuffeau, jointoyés avec de la terre sablonneuse. Elle ne possède pas de fondations, seul le poids de la charpente la stabilise dans son ensemble. En vue de consolider la construction, on décide rapidement de creuser sous les murs de la maison pour y couler du béton : ces cavités bétonnées font office de fondations. De même, les murs de l’actuel salon-salle à manger (ancienne grange) se sont révélés fragilisés par un réseau de galeries, dans les joints en terre, creusées par des rongeurs. Ils sont entièrement reconstruits avec les moellons de tuffeau originels, jointoyés au mortier de chaux. Dans les autres pièces, les murs diagnostiqués sains sont seulement piquetés puis rejointoyés avec le même mortier de chaux .

<page />

Une isolation par la toiture

Le cahier des charges prévoyant la création d’un étage, la toiture est entièrement déposée. Cette opération s’avère indispensable pour monter les murs et aménager l’espace sous combles. Les pierres constituant la surélévation proviennent d’une ancienne porcherie située sur le domaine. De nombreux matériaux de récupération sont d’ailleurs utilisés sur ce chantier. La nouvelle charpente est en partie réalisée à partir de l’ancienne. Seules les pannes trop vétustes ont été changées. Des bois de récupération les remplacent. Toutes ces poutres sont laissées dans leur état brut, uniquement traitées avec du « Xylophène Traitement Poutres et Charpentes » ( Xylophène ).

Dans le séjour-cathédrale, on aperçoit les voliges (peintes en blanc) fixées sur les chevrons, et qui forment le platelage. Dans les autres pièces, des panneaux isolants (« Soutuisol 230 » d’Eternit) reposent directement sur les pannes. Ils se composent d’une plaque, mélange de ciment, cellulose et fibres organiques de synthèse, avec une âme isolante (mousse en polyuréthane) et d’une sous-face en plâtre, cartonnée, de 18 mm d’épaisseur à bord aminci. Pratiques, ces produits composites reçoivent les tuiles canal à l’extérieur, et servent de plafond (prêt à finir) à l’intérieur. Ils présentent de nombreux avantages : étanchéité de la toiture, isolation, et permettent également (grâce à leur coloris ocre jaune à l’extérieur) d’utiliser moins de tuiles qu’une toiture classique (seulement une sur deux). Les tuiles canal , triées et récupérées sur l’ancienne couverture, sont posées immédiatement sur ces plaques, puis scellées (colle ou mortier). D’une épaisseur de 70 cm, les murs en pierres de la maison ne font l’objet d’aucune isolation particulière.

<page />

Des espaces ouverts et lumineux

Dans les bâtiments d’origine, seule la chambre du rez-de-chaussée était à usage d’habitation ; le reste étant occupé par les granges. La circulation entre ces différentes parties se faisait donc par l’extérieur. Après rénovation, la surface habitable compte 192 mètres carrés. Les travaux ont été importants mais ils ont rendu possible la communication des pièces entre elles, et créé des ouvertures (portes et fenêtres) qui augmentent l’apport de lumière. Les ouvertures existantes de la façade nord-ouest (côté cour) sont conservées dans leur totalité, après une légère rehausse et le remplacement de leurs menuiseries par des modèles vitrés qui laissent largement entrer la lumière.Réalisée sur mesure (2,80 m de côté), une grande baie vitrée aux montants métalliques remplace ainsi une ancienne porte en bois. De nombreuses autres ouvertures apparaissent côté jardin : une baie vitrée de type porte charretière cintrée (3,10 x 2,80 m), des portes et fenêtres qui permettent de multiples accès.

A l’intérieur, un passage, percé dans le mur de refend, ouvre la cuisine sur le vaste salon-salle à manger-cathédrale. Une poutre en chêne, en appui sur les deux extrémités du refend, reprend les charges de l’étage. L’espace mezzanine aménagé en bureau est desservi par un escalier à vis, de très belle facture. Il se compose d’un limon central débillardé, issu d’une récupération. Les marches en chêne (40 cm d’épaisseur) prennent appui côté mur où elles sont scellées. Le plancher de la mezzanine repose sur des solives de récupération (section 10 x 10 cm, entraxe 30 cm), scellées d’une part dans le mur de refend, d’autre part bloquées dans des mortaises réalisées dans la poutre maîtresse perpendiculaire.

<page />

Un intérieur épuré

Les moellons de tuffeau, jointoyés à la chaux, et les encadrements anciens de portes et fenêtres forment un écrin authentique dans lequel l’architecte a conçu un intérieur contemporain. Sur le sol, autrefois en terre battue, une dalle en béton (épaisseur 15 cm) est coulée avant d’être revêtue d’une fine chape en béton et résine (épaisseur 1,5 cm). Le sol (gris anthracite) est ensuite poli et ciré. Peu salissant et très facile d’entretien, ce revêtement s’avère bien adapté aux va-et-vient des occupants, entre l’intérieur et l’extérieur. Sa mise en oeuvre dans une maison ancienne peut cependant se révéler compliquée. C’est pourquoi, la présence de résine dans la composition du mortier et la pose de joints de dilatation s’avèrent indispensables pour absorber les mouvements de la structure et éviter que les sols ne se fissurent. Le mobilier est ici réduit à son strict minimum.

Le salon-salle à manger et la cuisine se partagent un unique meuble de rangement : un bloc massif en MDF, plaqué d’un stratifié anthracite. Il abrite l’électroménager et des rangements côté cuisine, de plus amples placards côté salle à manger. Son intérêt supplémentaire est de dissimuler, depuis le salon, la partie fonctionnelle de la cuisine. De la même façon, les chambres ne s’encombrent d’aucune « armoire » ou « commode de famille », préférant de très discrets placards dressings intégrés aux cloisons murales. Des choix qui permettent d’épurer l’espace au maximum.

Par Sophie Giagnoni. Photos Antonio Duarte. Architecte Damien Malbrand avec la collaboration de Jean-Claude Garnier (Maison&Travaux, juillet 2010)

+ d'actualités

Commentaires

1 commentaire

Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo.
Si vous ne vous connectez pas, votre commentaire apparaîtra en Anonyme.

1 commentaires sur "Une ferme transformée en maison moderne"

Signaler un abus

13/03 - 23:56

Anonyme

De quelle couleur sont les fenetres et biaes vitrées?

Derniers articles déco

toutes les actus et tendances
Votre projet 3D