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n°1/10
Un dégât des eaux et un voisin culturiste peuvent avoir des conséquences inattendues sur l’aménagement d’un appartement parisien. A l’origine donc, une fuite d’eau dans la salle de bain qui détériore un plafond, et quelques fissures superficielles sous une autre, provoquées – on le saura après enquête – par les chutes répétées des haltères du locataire du dessus, adepte de la musculation à domicile !
Pour réparer ces dégâts, les propriétaires demandent conseil à un ami architecte, Kamran Fathi. Celui-ci les rassure sur l’absence sérieuse d’atteinte du bâti, puis en profite pour faire naître le désir de repenser l’agencement. Car une qualité ne lui a pas échappé : l’appartement pourrait être traversant, donc bien plus lumineux, à condition de le réaménager.
Ayant établi un diagnostic sévère concernant le réseau électrique et le manque d’étanchéité des fenêtres, l’architecte n’a eu aucun mal à faire accepter ses solutions.
En position centrale, la cuisine sépare les différents espaces du séjour, tout en lui gardant sa continuité visuelle. Un faux plafond la délimite et l’éclaire en cassant l’uniformité des poutres. Il est suspendu à une structure métallique (Placostil F530) accrochée au bacula et non pas aux poutres, pour éviter les fissures.
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n°2/10
Un espace ouvert
D’abord, tout démolir : cloisons, sols , plafonds, sanitaires, jusqu’à laisser nus les murs extérieurs, qui délimitent un grand rectangle (10,72 x 6,36 m). L’occasion aussi de vérifier leur état ainsi que celui des solives au plafond, et des lambourdes au sol.
Conclusion : le bâti tient bon. Ni termites, ni champignons, ni humidité sans cause, une fois le dégât des eaux du voisin réparé. Mieux, quelques traverses avaient déjà été renforcées par des reprises en métal, ce qui laissait la possibilité de redistribuer l’appartement sans se soucier de la structure – et sans avoir à demander quoi que ce soit à la copropriété.
Avant. Côté rue, se trouvaient deux petites chambres. Côté cour, une minuscule entrée, une petite cuisine qui avait bien servi, et le séjour éclairé par une seule fenêtre. Au coeur de l’appartement, la salle de bain aveugle était accessible depuis le séjour !
Après. L’appartement se retrouve partagé en deux zones. D’une part, une grande pièce avec double exposition (sur cour et sur rue), organisée en trois parties : un salon, un bureau-bibliothèque et une cuisine ouverte. D’autre part, la chambre et sa salle de bain.
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n°3/10
Une cuisine qui fait lien
Nos Anglais aiment recevoir, et voulaient une ambiance qui rappelât les vieux zincs parisiens. N’en ayant pas trouvé à leur convenance, l’architecte en a construit un neuf.
La façade du bar est habillée de huit panneaux de verre (h 95 x larg. 65 cm). Juste insérés, ils se démontent facilement pour intervenir sur l’éclairage (éventuellement pour en changer la couleur). Ces panneaux faits de feuilles de verre teinté portent comme les traces d’un carnet d’esquisses (sculpteurs Perrin & Perrin ).
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n°4/10
La structure est un muret en carreaux de plâtre, portant un plan de travail en chêne massif, sous lequel viennent se nicher des rangements et les appareils électroménagers. Le muret remonte au-dessus du plan, couronné d’une tablette formant comptoir.
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n°5/10
L’ensemble fonctionnel reste sobre, tout en apportant une variation de couleur dans la pièce, dont les murs doublés de plaques de plâtre (type BA13) ont été peints en blanc mat. L’ancien parquet du séjour a été démonté et remplacé par un parquet en chêne à larges lames (120 x 18 cm en 18 mm d’épaisseur). Il a été brossé afin de lui conférer un aspect vieilli, puis ciré pour lui donner son aspect mat.
Les couleurs de la cuisine se font discrètes et chaleureuses. Plan de travail en chêne clair. Portes de placard rouge patiné. En crédence, les carreaux de grès cérame (20 x 20 cm) mélangent les tons marron et ocre avec une frise mosaïque (10 x 20 cm) composée de marbre et de pâte de verre ( CMR ). Le plateau du comptoir est traité comme les façades des placards.
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n°6/10
Le comptoir est recouvert d’un plateau de verre de 20 mm d’épaisseur, à peine décollé de sa surface par des petits vérins. Des carreaux de grès cérame de tons marron et ocre montent en crédence jusqu’à des éléments de rangements basiques ( Ikea ), mais dont les portes ont été fabriquées sur mesure en MDF.
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n°7/10
Des apports d’ailleurs
Une magnifique porte en bois à deux vantaux est l’élément central du salon. Elle est montée dans une alcôve et ferme un placard. Dénichée par l’architecte chez un importateur d’antiquités orientales (Portes du Monde), elle provient d’un temple afghan du XVIIe siècle. Ses vantaux en teck sont savamment ciselés et incrustés de quelques pièces de métal. Mais ils n’étaient pas faits pour fermer un bar à apéritifs !
Aussi le menuisier a-t-il déployé tout son talent afin qu’ils assument cette fonction profane. D’abord, il fallait inverser leur sens d’ouverture, en démontant et remplaçant les gonds des vantaux mais aussi du cadre, sans abîmer le bois.
Ensuite, avec la collaboration du menuisier (entreprise Vel) et du décorateur (Thierry Dubois), des pièces de bois ont été ajoutées pour constituer des raccords de façade, et teintées à l’identique. Le cadre de la porte a été délicatement retaillé aux mesures requises.
Les portes afghanes ont été ajustées et remontées pour former un ensemble étagère-armoire. Le mur rouge donne de la profondeur et met le bois en valeur. En partie haute, la porte déborde un peu le caisson blanc, renforçant sa majesté. Encadrant les portes, des plateaux épais en contreplaqué et des plaques de verre (ép. 9 mm) complètent les rangements.
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n°8/10
Dans la chambre, les portes du placard proviennent de la même enseigne (Portes du Monde). Ces panneaux (1,50 m sur 80 cm environ) d’un paravent indien (XIXe siècle) sont en vieux teck sculpté et en ferronnerie. Très lourds et complètement voilés, ils ne peuvent être montés tels quels sur les rails insérés dans l’encadrement du placard. Il a donc fallu les enserrer dans des cadres métalliques pour les redresser et pouvoir les suspendre.
En partie basse, des taquets métalliques sont glissés dans un rail pour servir de guide et empêcher les panneaux de battre. Faisant face au lit, ces panneaux ressemblent moins à des portes de placard qu’à un superbe triptyque. Ces portes, comme celles du séjour, cachant ce qu’elles enferment, mettent en valeur ce qui les entoure : le génie du lieu. Les portes de placard ont été peintes avec une acrylique couleur crème, puis protégées par un vernis appliqué horizontalement en double passe, de façon à créer un effet rugueux à peine perceptible produisant d’étranges reflets de lumière.
Les placards sont alignés contre le mur pour se faire discrets. Portes et tiroirs sans poignée mettent en valeur les panneaux coulissants anciens.
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n°9/10
Chambre et salle de bain enfin intimes
Contrairement à la cuisine, la salle de bain n’a pas été déplacée. Mais elle a été complètement repensée. Elle ouvre désormais sur la chambre, dont elle est séparée par une cloison sur ossature métallique avec parement en plaques de plâtre hydrofuge intégrant une porte à galandage, ce qui gagne de la place.
La porte est vitrée, afin de laisser pénétrer la lumière en second jour et vient s’intégrer dans un caisson métallique revêtu de plaques de plâtre (modèle “Uno” chez Lapeyre ). A l’intérieur, la cabine de douche a été légèrement surélevée par une estrade réalisée en blocs de béton cellulaire, sur lequel a été coulée une chape. Extra-plat, le receveur à carreler ( Wedi ), en mousse de polystyrène extrudée avec pentes intégrées, vient s’insérer dans la réservation prévue.
Deux portes à galandage sont ouvertes dans la cloison pour accéder depuis le séjour à la chambre, et dans la salle de bain. La paroi à ossature métallique est la solution la mieux adaptée pour intégrer les caissons des galandages.
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n°10/10
La paroi de protection de la cabine, arrondie, a été construite en carreaux de plâtre hydrofuges égalisés avec un enduit de cimentcolle pour obtenir une belle courbe.
Les murs, comme le sol, sont recouverts de carreaux de grès cérame bleuté, dont la taille varie selon leur position : 40 x 20 aux murs, 40 x 40 au sol, et 10 x 10 dans la cabine (Linea Carrelage). Pour isoler phoniquement la salle de bain du séjour, les parois qui les séparent sont constituées par des placards en MDF d’une profondeur de 80 cm. Cela a permis de créer des niches côté salle de bain, et de structurer des rangements et des étagères côté séjour.
La salle de bains joue sur les aménagements en renfoncement (niches) et l’originalité d’une paroi de douche “rebondie”.
Un dégât des eaux et un voisin culturiste peuvent avoir des conséquences inattendues sur l’aménagement d’un appartement parisien. A l’origine donc, une fuite d’eau dans la salle de bain qui détériore un plafond, et quelques fissures superficielles sous une autre, provoquées – on le saura après enquête – par les chutes répétées des haltères du locataire du dessus, adepte de la musculation à domicile !
Pour réparer ces dégâts, les propriétaires demandent conseil à un ami architecte, Kamran Fathi. Celui-ci les rassure sur l’absence sérieuse d’atteinte du bâti, puis en profite pour faire naître le désir de repenser l’agencement. Car une qualité ne lui a pas échappé : l’appartement pourrait être traversant, donc bien plus lumineux, à condition de le réaménager.
Ayant établi un diagnostic sévère concernant le réseau électrique et le manque d’étanchéité des fenêtres, l’architecte n’a eu aucun mal à faire accepter ses solutions.
En position centrale, la cuisine sépare les différents espaces du séjour, tout en lui gardant sa continuité visuelle. Un faux plafond la délimite et l’éclaire en cassant l’uniformité des poutres. Il est suspendu à une structure métallique (Placostil F530) accrochée au bacula et non pas aux poutres, pour éviter les fissures.
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