La nouvelle vie d’un séchoir à tabac

Le 9 décembre à 15h43 - Maison & Travaux

Au cœur du Périgord Noir, cet ancien séchoir à tabac a vu son destin de bâtiment agricole bouleversé par un couple de jeunes Parisiens qui y ont établi leur maison de vacances.

(Reportage Sophie Giagnoni, Photographe Antonio Duarte, Architecte DPLG Julien Dumolard - Novembre/Décembre 2011)

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    Exterieurmaisonavant

    C'est d’un séchoir à tabac dont ils sont tombés amoureux et c’est dans un séchoir à tabac qu’ils veulent vivre ! Alors isoler, oui ! Apporter un confort matériel et thermique, oui ! Mais dénaturer le bâtiment, non ! Pas question notamment de dissimuler ses origines agricoles. Et celles-ci transparaissent aujourd’hui encore, fièrement conservées dans l’allure générale du bâtiment , mais également à travers de nombreux détails.

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    Maisonexterieur

    Respecter le volume d’origine

    L’architecte Julien Dumolard a ainsi préservé tout ce qui pouvait l’être, et remplacé ce qui devait l’être par des éléments approchants ou, tout au moins, compatibles.

    Dalle et soubassement.

    Dénué de fondations, le séchoir était posé sur le rocher, juste arrimé par ses murs de soubassement. Après la création d’une dalle en béton et interposition d’une protection antitermites (« Termifilm » de Cecil), les murs de soubassement, en maçonnerie de
    moellons jointoyés et enduits à la chaux et au sable, ont été conservés à l’identique, y compris aux angles où des parpaings assurent le chaînage .

    Charpente.

    La structure du séchoir était ensuite constituée de six portiques de charpente, à savoir six fermes prolongées de poteaux posés sur les murs de soubassement. Tous ont été conservés et continuent de porter la toiture , rénovée en tuiles mécaniques.

    Photo : Volumes , ouvertures, matériaux, cette belle maison a su conserver l’esprit de l’ancien séchoir à tabac dont elle est l’héritière. Des persiennes en pin d’Orégon se sont substituées à ses lamelles métalliques, orientables (ventelles), et une ossature bois à ses anciens murs de brique rouge, mais l’essentiel est sauvegardé.

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    Avantsalon

    Un sol de terre battue, un soubassement en moellons surmonté de hauts murs en briques creuses, entaillés de hautes baies occultées par des plaques métalliques mobiles, et une toiture en tuiles mécaniques non isolée... voilà pour l’état initial.

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    Salleamanger

    Modifier l’enveloppe

    Pas question de conserver les murs en briques . Ainsi ont-ils été déposés, remplacés par une ossature bois qui s’insère entre les portiques de la charpente . Les montants de l’ossature bois sont espacés de 60 cm, entre lesquels prennent place des panneaux semi-rigides de laine de verre (« GR 32 » d’Isover) d’une épaisseur de 100 mm. À l’extérieur, cette ossature est renforcée avec un panneau d’OSB (Triply) protégé par un écran parepluie, puis habillée d’un bardage en planches de pin d’Orégon brut, posées verticalement sur des tasseaux. Sa face intérieure est revêtue d’un freine-vapeur et de lattes de bois habillées de plaques de plâtre. L’isolation de la toiture s’est effectuée de l’intérieur avec une couche de 20 cm de laine de verre avec pare-vapeur (« IBR Monocouche » d’Isover).

    Photo : Dressé entre cuisine et salle à manger, l’escalier droit est constitué de limons métalliques rectangulaires, de marches en frêne posées sur cornières et d’un gardecorps en treillis soudé. L’absence de contremarches vient comme en rappel du dessin des brise-soleil.

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    SalleamangerVueEscalier

    L’ étage s’organise autour d’un grand vide central qui porte à 8,50 m la hauteur sous faîtage de la salle à manger , et permet de conserver la volumétrie générale de l’ancien séchoir.

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    Etage

    Décloisonner les espaces

    Le séchoir présentait un vaste volume unique qui offraitune liberté totale d’ agencement . Le principe d’ouverture a présidé à la nouvelle organisation des lieux.

    Un vaste plateau ouvert forme le rez-de-chaussée. À l’une de ses extrémités, contre le pignon tourné vers l’ouest, se trouve toutefois une « boîte » qui accueille des sanitaires et un cellier. Celle-ci délimite par ailleurs une entrée et sert de support à la cuisine, tournée vers l’espace à vivre. S’il n’existe aucun cloisonnement entre la cuisine, la salle à manger et le salon, ces différents espaces n’en apparaissent pas moins clairement identifiés. L’ escalier marque ainsi une délimitation spatiale entre la cuisine et la salle à manger, tandis qu’une estrade crée une rupture entre cette dernière et le salon. La création de cette estrade répondait par ailleurs à une contrainte technique. Il s’agissait de remédier à la pente naturelle du terrain.

    La création d’un étage a été nécessaire pour accueillir les chambres . Il s’organise de manière symétrique de part et d’autre d’un grand vide central situé au-dessus de la salle à manger : reliés par une coursive, deux cubes symétriques abritent chacun deux chambres et un cabinet de toilette. Ce traitement des chambres comme des « boîtes » a permis de conserver la volumétrie générale, et laisse au regard la liberté d’embrasser toute la charpente .

    Photo : À l’étage, l’arrêt des cloisons juste à la base du rampant laisse ainsi visible tous les éléments des fermes traditionnelles en bois. Une perspective (et une sensation de volume) dont on profite sans limite depuis le rez-de-chaussée.

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    Etagecharpente

    À l’étage, l’arrêt des cloisons juste à la base du rampant laisse ainsi visible tous les éléments des fermes traditionnelles en bois. Une perspective (et une sensation de volume) dont on profite sans limite depuis le rez-de-chaussée .

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    Etageres

    Le long de la coursive, la longueur entre deux portiques de charpente est idéale pour accueillir des rayonnages. Ces étagères de bibliothèque sont de conception très simple. Elles sont réalisées à partir de planches de chêne et de tubes d’acier à section carrée. La répétition des équerres reprend celle des fermes de charpente. L’espace entre le plancher et le mur laisse passer la lumière naturelle en provenance de la grande baie vitrée fixe , située juste au-dessous.

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    Salon

    Délimitation spatiale entre le salon et la salle à manger, l’ estrade constitue aussi une réponse technique pour corriger la pente naturelle du sol. Autrefois en terre battue, celui-ci a été revêtu d’une dalle en béton de 12 cm d’épaisseur, finition quartz teinté lissé. Les trois marches en béton armé , de même finition que le sol, arborent d’élégantes contremarches en feuillard d’acier, brut de laminage. (Foyer « Stuv 21 » de Stuv.)

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    Chambre

    Réactualiser les ouvertures

    La réussite esthétique de cette rénovation réside pour beaucoup dans la gestion de ses ouvertures . Toutes ont été conservées dans leurs proportions originelles, aussi bien les deux hautes portes de grange qui perçaient les façades principales que les anciennes baies dans les parois de briques qui assuraient la ventilation du séchoir. Mais toutes ont fait l’objet d’un traitement contemporain qui confère aujourd’hui à la bâtisse son cachet si particulier.

    De hautes fenêtres en pin d’Orégon, dotées d’un double vitrage performant, équipent les anciennes baies. Elles sont constituées de différents châssis : un châssis bas à projection intérieure (ouverture à soufflet) au rez-de-chaussée, un châssis fixe faisant office de garde-corps et surmonté d’un châssis ouvrant à la française dans les chambres.

    Au niveau des combles, du côté des pignons, des châssis à abattant permettent d’assurer une surventilation nocturne, appréciée en été.

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    Facadebardage

    Des brise-soleil orientables équipent ces fenêtres, côté extérieur. Ils rappellent les anciennes lames mobiles du séchoir (ventelles). Réalisées en pin d’Orégon, les lames montées sur des profilés latéraux (Naco) se fondent, une fois fermées, au bardage environnant.

    Photo : Davantage soumis aux précipitations, le bardage de planches en pin d’Orégon brut présente une belle patine grisée sur le pignon orienté à l’ouest. Cette patine a été stabilisée récemment en usant d’un saturateur incolore (« Textrol » d’Owatrol).

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    Volets

    Les deux portes de grange, quant à elles, ont été équipées d’un ensemble portes coulissantes et imposte en aluminium sur mesure, dont les profilés relativement fins (au regard des dimensions) apparaissent discrets lorsque l’on se trouve à une certaine distance de l’édifice. Ces ouvertures sont doublées de grandes portes de grange, posées sur pivots pour une manipulation facile.

    Photo : Toutes les ouvertures originelles de la maison ont été conservées, y compris deux immenses portes de grange , situées en vis-à-vis sur les façades principales. De hauts vantaux montés sur pivots viennent doubler ces ouvertures, l’une coulissante côté jardin, l’autre fixe côté entrée.

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    Gabions

    Des cages métalliques comblées de pierres (appelées « gabions ») délimitent les espaces et permettent de retenir la terre de ce terrain en pente.

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    FenetreOuverte

    Des ouvertures différenciées

    Au rez-de-chaussée, les fenêtres s’ouvrent par traction en partie basse (voir photos 3 et 4), à la manière de celles à soufflet inversées, permettant de ne pas encombrer le passage et d’utiliser les tablettes formées par le mur de soubassement (ce que n’aurait pas permis une ouverture à la française).

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    Fenetreferm%C3%A9e

    Un système de cliquet permet de régler leur degré d’ouverture sur 4 positions différentes. Ouvertes, elles assurent une bonne ventilation. Isolantes comme des volets, elles filtrent en outre agréablement la lumière.

    Le coût des travaux

    1 - Terrassement (+ voiries, réseaux, divers) : 6 822,40 €
    2 - Gros oeuvre : 30 089,88 €
    3 - Charpente : 30 117,45 €
    4 - Couverture : 11 816,59 €
    5 - Menuiseries extérieures : 34 489,16 €
    6 - Cloisons, isolation : 15 206,35 €
    7 - Carrelage, faïence : 2 720,97 €
    8 - Serrurerie : 4 478,50 €
    9 - Peinture : 3 515,72 €
    10 - Plomberie, sanitaire : 4 646,08 €
    11 - Électricité, VMC : 10 686,30 €
    12 - Chauffage bois : 2 400,00 €

    TOTAL : 156 989,40 €

C'est d’un séchoir à tabac dont ils sont tombés amoureux et c’est dans un séchoir à tabac qu’ils veulent vivre ! Alors isoler, oui ! Apporter un confort matériel et thermique, oui ! Mais dénaturer le bâtiment, non ! Pas question notamment de dissimuler ses origines agricoles. Et celles-ci transparaissent aujourd’hui encore, fièrement conservées dans l’allure générale du bâtiment , mais également à travers de nombreux détails.

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