Les bibliothèques à plein volume

Le 2 septembre à 09h01 - - Maison & Travaux

Gardiennes de nos livres et bibelots, réponses habiles à des problèmes d’aménagement, elles constituent des rangements de premier ordre.

En version sur mesure, une bibliothèque peut répondre à toutes les configurations. Standard et modulaire, elle autorise également des compositions personnalisées. Si sa fonction première est de conserver les livres, elle sait aussi s’adjoindre d’autres rôles sous forme de garde-corps ou de cloison séparative. Le matériau choisi, le dessin, les proportions, le rythme, le style, l’emplacement, la modularité, et le graphisme qui en résulte, sans oublier les particularités plus techniques comme les modes de fixation des étagères sur le mur ou entre des montants, constituent un ensemble à étudier point par point.

Un graphisme équilibré (Voir photos 1 à 11)

L’originalité d’une bibliothèque doit sa réussite au graphisme qu’elle dessine. On peut se contenter d’une épaisseur constante entre montants et tablettes et former des “niches” parfaitement régulières. Ou chercher un rythme équilibré avec des montants plus épais que les tablettes (par un simple ajout d’alèses), ou en alternant parties pleines et creuses. La conjugaison de matériaux ou de couleurs contribue à donner du rythme : bois et verre, structure en carreaux de béton cellulaire (Thermopierre) ou de plâtre avec des étagères en bois, fond de niches en couleur, montants de teinte foncée et étagères claires, etc.

Le choix des matériaux
Panneaux de fibres revêtus de placage bois ou mélaminé, bois massif et MDF constituent un vaste échantillonnage de décors. Chacun a des propriétés qu’il convient d’étudier pour faire un choix judicieux. A épaisseur égale, la résistance à la flexion diffère. Les finitions de surface et le travail des chants sont à distinguer. Les écarts de prix méritent comparaison. Le métal n’est pas en reste pour réaliser des compositions originales, les carreaux de plâtre se justifient lorsque le budget est serré, le verre allège visuellement les structures.

Les panneaux plaqués bois
Appelés aussi “panneaux décor”, ils s’affirment comme les plus courants. La feuille de bois qui les habille (placage) est proposée en diverses qualités. Le placage “ébénisterie” (ci-dessous) est fin, sans défaut d’aspect, c’est le plus noble. Le placage “menuiserie” de grain plus “moyen” est à choisir lorsque l’impact esthétique du meuble n’est plus essentiel. Enfin, le placage dit “de contre balancement” est plus ordinaire. On dissimule son grain sous une finition de teinte foncée. Côté support, l’aggloméré (ci-dessous) n’accepte pas les longues portées sous lesquelles il fléchit contrairement au latté léger et stable dont la très grande résistance mécanique en fait un matériau d’excellence.

Le contreplaqué offre également une résistance mécanique élevée. En version classique, les faces sont revêtues d’un placage en bois exotique. En version haut de gamme, il est replaqué d’une feuille d’essence fine. Un peu plus onéreux que les autres panneaux décor, le contreplaqué ne se déforme pas grâce au croisement des plis superposés (5 généralement). En version 3 plis, il est plus léger, les plis extérieurs sont composés de lames de toutes longueurs, le pli intermédiaire est à contre-fil. Comme il accepte de longues portées, c’est un matériau idéal pour les bibliothèques en grand format. Une finition s’impose : vernis ou cire après un fondur
qui bouche les pores du bois.

Les panneaux mélaminés ne demandent ni finition de surface ni entretien. En blanc ou en couleur, ou imitant le bois, ce sont les plus économiques, mais ils acceptent difficilement les lourdes charges si ce n’est en petites longueurs. Côté finition, tous ces panneaux imposent un habillage des chants. Le placage thermocollant est une solution, l’ajout d’une alèse en est une autre. Celle-ci peut être d’une épaisseur supérieure à celle des panneaux pour donner au meuble un aspect plus massif. Rapportée sur les montants, cette alèse plus large que sur les tablettes permet d’obtenir des effets décoratifs stylisés par des cannelures toujours élégantes ou un moulurage en relief.

Le bois massif
Choisi par les puristes, le bois massif nettement plus onéreux affirme sa noblesse. En version lamellé-collé, il associe des lames de bois étroites de longueur variable. Le panneauté se compose de lames de bois plus larges qui révèlent un aspect de surface plus uniforme. Ces panneaux offrent une résistance à la flexion supérieure à celle d’une planche. Mis en valeur par un vernis ou une cire (sur un fondur), le bois massif permet de profiler les chants à sa convenance.

Le MDF
Matériau contemporain, le MDF est prisé pour ses multiples qualités. On peut le profiler ou le moulurer aisément. La surface extra lisse facilite la finition en peinture bien qu’un vernis polyuréthane lui convienne aussi. Le MDF existe en tons bois ou teinté dans la masse (Valchromat, Isoroy, Medite). Un seul défaut : son poids.

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De configuration classique (Voir photos 12 à 16)

Placée contre un mur, elle dispose de rayonnages répartis sur toute la hauteur ou s’adjoint des rangements en partie inférieure dotés de façades sur charnières ou de tiroirs. Toujours plus profonds que la partie supérieure, ces rangements fermés s’en séparent par un plateau débordant de quelques centimètres. De justes proportions créent une composition harmonieuse, la partie fermée représente un tiers de la hauteur totale. Idéalement, les rayonnages ont de 30 à 35 cm de profondeur, les rangements 35 à 40 cm. Un socle en retrait (h 5 à 8 cm) allège visuellement la composition. Il permet d’une part de caler le meuble à niveau lorsque le sol n’est pas tout à fait plan, d’autre part de faire circuler les câbles électriques pour alimenter lampes, appareils hi-fi ou vidéo. Un petit atout de plus pour le confort, un socle évite de buter en choisissant un livre.

La pose des étagères
Les systèmes visibles offrent la modularité contrairement aux procédés qui dissimulent les fixations. Pour des raisons pratiques ou purement esthétiques, on doit choisir sans se tromper.

Fixations invisibles pour étagères fixes
Les chevilles plates qui nécessitent l’emploi d’une rainureuse conviennent particulièrement au bois massif et au MDF, elles augmentent la résistance mécanique de ce dernier et suppriment les risques de déformation. Les tourillons offrent également une résistance mécanique élevée, la mise en oeuvre demande une bonne dextérité. Lorsque la bibliothèque est constituée de modules accolés, les montants sont doubles, ce qui permet de les assembler aux tablettes par vissage dans l’épaisseur des chants. Sur leur face extérieure, les trous sont fraisés pour encastrer la tête des vis : ils se rebouchent à la pâte à bois.

Plus subtil, le bouchonnage évoque le chevillage traditionnel (le trou dans lequel la vis doit passer est élargi sur le tiers extérieur, on le rebouche ensuite avec une baguette ronde que l’on arase au nu du panneau). Cette finition convient sur les montants extérieurs apparents. A partir de 20 mm d’épaisseur, les étagères constituées en bois massif et celles en MDF peuvent coulisser sur des tasseaux latéraux vissés dans les montants. Cela implique d’effectuer une rainure équivalente à leur section dans l’épaisseur des chants.

Version gain de place (Voir photos 17 à 22)

Le manque d’espace conduit à chercher des solutions inventives pour pouvoir caser ses livres. Dans bien des cas, une faible profondeur (moins de 15 cm) suffit aux ouvrages courants tels que les livres de poche. C’est tellement peu que la bibliothèque s’accommode d’un couloir ou d’une allège de fenêtre sans encombrer le volume habitable. Derrière une envolée d’escalier, elle occupe le mur en tout ou partie. Suspendue au mur d’une pièce, elle n’entrave pas la circulation.

Des étagères moins épaisses peuvent être posées sur une cornière alu en L vissée au mur, et trouver un appui latéral sur des tourillons qui viennent s’encastrer dans une encoche pratiquée dessous. Autre système à mettre en pratique : l’empilage. Le principe consiste à inverser le système constructif classique (montants sur toute la hauteur du meuble et tablettes individuelles). Ce sont les étagères d’un seul tenant dans la longueur qui reposent sur des montants intermédiaires. Elles sont traversées par des tourillons bois ou métal, encollés, qui les solidarisent aux montants.

Fixations discrètes pour étagères modulables
Les crémaillères en échelle offrent une modularité totale pour régler la hauteur des étagères selon les besoins. Les modèles les plus discrets sont encastrés dans une défonce réalisée dans chacun des montants, pour recevoir des taquets (supports amovibles). Quand les crémaillères sont vissées en applique, des petites encoches doivent être pratiquées sur les côtés des tablettes pour en permettre le passage. Reste le recours aux taquets violon à visser ou à enfoncer dans de simples petits trous répartis sur la hauteur des montants en deux rangées parallèles.

Fixations en vue pour étagères fixes
Classique et facile à réaliser, la pose des étagères sur des tasseaux latéraux peut être acceptable à condition de choisir des tasseaux de petite section plus courts que les étagères et d’en couper l’extrémité en biseau. Des cornières aluminium en L peuvent les remplacer.

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Fondues dans le décor (Voir photos 23 à 25)

En présence d’une cheminée, le conduit de fumée (vertical ou dévoyé) s’inscrit en saillie formant deux niches de part et d’autre. L’endroit se prête à l’implantation d’une bibliothèque qui s’aligne sur le conduit. Lorsque le foyer est au nu du mur, le meuble peut également l’enrober, et si le conduit est peu saillant, il suffit de réduire l’épaisseur du meuble à son niveau pour qu’il offre un alignement constant sur toute la longueur. Une porte de communication entre deux pièces crée aussi une belle opportunité. Deux bibliothèques placées de part et d’autre gagnent en esthétique à être reliées par un module implanté au-dessus de la porte de manière à l’intégrer. Autour d’une trémie d’escalier (ou le long de celle-ci selon l’implantation), la bibliothèque fait office de garde-corps. La hauteur inférieure à celle exigée pour la sécurité (100 cm) peut être compensée par des modules plus larges au-dessus desquels les enfants ne peuvent se pencher.

Les étagères sans montants
En fixant les étagères directement au mur, et en jouant sur leur répartition et leur longueur, on parvient à réaliser des bibliothèques graphiques, élancées et originales. L’élégance est au rendez-vous en l’absence de fixation apparente.

En sandwich sur tasseau mural
Elles se composent communément d’un panneau central en aggloméré et de deux panneaux débordants à l’arrière rapportés par collage pour créer une rainure. L’étagère vient enrober un tasseau mural de même épaisseur que le panneau central. Un vissage discret stabilise l’ouvrage. Ce montage peut aussi s’effectuer en réalisant des rainures sur l’arrière de l’étagère. Les tiges filetées s’utilisent de préférence pour des étagères plus fines. Fixées au mur par chevillage et vissage, elles s’encastrent en force dans le chant arrière jusqu’à ce que celui-ci vienne buter contre la paroi.

En cloison séparative (Voir photos 26 à 29)

La bibliothèque peut séparer partiellement la cuisine du séjour ou du coin salle à manger. Avec ou sans fond, ou en alternant les fonds d’un côté ou de l’autre, elle s’anime aussi de passages de lumière qui préservent l’éclairement des deux côtés et la communication tant orale que visuelle. La structure, en longueur ou en L, atteint le plafond ou s’inscrit en retrait pour préserver la perception du volume.

Les fixations encastrées
En doublant une paroi avec des plaques de plâtre ou des panneaux de bois, on répartit les étagères en toute liberté. Le principe repose sur la fixation murale de platines métalliques munies de tiges ou de fers plats soudés perpendiculaires qui traversent le doublage et viennent s’ancrer dans le chant des tablettes. Une judicieuse répartition de ces supports permet aux étagères de supporter de fortes charges sans fléchir.

Guide pratique réalisé par Catherine Levard
Maison&Travaux N°206 Janvier-Février 2008

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