Déplacer les jambages
La construction de ce chalet d’altitude date d’une époque où la notion d’économie d’énergie n’était pas d’actualité. Qu’importaient les déperditions pourvu que l’on puisse pousser le thermostat... Un temps révolu ! L’envolée des prix de l’énergie conduit à mener des projets constructifs raisonnables et des solutions de réhabilitation raisonnées. Ce chalet en est une illustration. L’isolation d’origine se résumait à quelques centimètres de laine minérale avec pare-vapeur doublée de plaques de plâtre. Quant aux fenêtres équipées de vitrages simples, elles « ouvraient » la voie aux courants d’air, sans parler des problèmes de condensation. Un remaniement s’est imposé pour établir le confort actuel en faisant de substantielles économies.
Reprise du porte-à-faux
Construit sur deux niveaux, le chalet présente un étage qui surplombe celui du dessous. Ainsi protège-t-il la terrasse de plain-pied et offre-t-il un balcon reposant sur des consoles en béton. Des jambes de force relient les rives du toit à la dalle intermédiaire pour supporter le porte-à-faux surtout lorsque le toit se couvre de neige. Pour réaliser une isolation extérieure performante jusqu’au plus bas de la structure, il a fallu écarter la base des jambes de force et leur offrir un support autre que le ressaut existant entre la dalle et la base du mur. Les jambes de force, régulièrement réparties, étaient simplement reliées à la structure avec des équerres vissées en bas des murs et un boulon reprenant l’ensemble, une encoche taillée à leur base leur permettait de prendre appui sur le ressaut de la dalle. En travaillant poteau après poteau, aucun étayage ne s’est imposé pour mener, sans encombre, la dépose des équerres métalliques, l’écartement et la recoupe des poteaux dont on a supprimé les encoches.
Les supports de remplacement sont des pièces en acier débitées dans un IPE de 240 mm traité anticorrosion. Elles se présentent sous forme d’un T dont la partie plate vient se fixeren applique à la base du mur en reposant sur le ressaut alors que la partie saillante s’encastre dans une rainure réalisée à mi-épaisseur des jambes de force. Un trou traversant permet de solidariser le bois et la pièce prise en sandwich avec une tige filetée de 16 mm de diamètre et des écrous à frein avec rondelles intercalées. A noter : la partie saillante supérieure a été découpée en biais de façon à favoriser l’écoulement de l’eau vers l’extérieur. La distance entre la base des jambes de force et le mur est calculée d’après l’épaisseur de l’isolation extérieure et du nouveau bardage pour que celle-là et celui-ci descendent au plus bas jusqu’à la dalle.
Photo : Sur les jambages, encore tenus dans leur équerre d’origine, on trace un repère à mi-largeur pour signaler la rainure d’encastrement des nouvelles ferrures.
Après avoir déboulonné et écarté du mur le jambage (on s’aide d’une cale pour maintenir l’écart), on réalise la rainure d’encastrement avec la tronçonneuse, à partir de la base.
La nouvelle ferrure se fixe en deux points à la base du mur (chevilles en métal « Guardia » de Spit). La partie perpendiculaire à la platine est profilée en biais de façon à favoriser l’écoulement de l’eau.
En appui sur le ressaut, la pièce est partiellement encastrée à mi-épaisseur du jambage. Le perçage transversal s’effectue en deux fois, avec une mèche à métaux de 8 mm pour commencer, et une mèche de 16 mm pour finir.
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