Les panneaux décoratifs matériaux caméléons

Le 27 mars à 10h54 - - Maison & Travaux

Stratifiés, mélaminés, panneaux de placages naturels ou reconstitués offrent aujourd’hui des solutions esthétiques toujours plus variées et audacieuses avec une large palette de coloris et d’effets de matière. Attention, chacun possède des particularités techniques qui sont à prendre en compte pour faire votre choix.

Les Stratifiés

Panneaux multicouches et multi-usages qui allient la solidité à une esthétique innovante.

Véritable panneau «sandwich», le stratifié se compose de différentes couches : plusieurs épaisseurs de papier kraft, un papier décor (de couleur ou imitant l’aspect d’un matériau) et un overlay (couche de surface qui donne la résistance), le tout imprégné d’une résine. Cet « empilement de feuilles » est comprimé à haute température et sous une très forte pression. On obtient ainsi une feuille mince que l’on peut coller sur différents supports (aggloméré, MDF, métal, etc.). Sa finesse et sa souplesse autorisent le cintrage. Robuste et facile à vivre, le stratifié résiste aux rayures, aux chocs et à la chaleur (jusqu’à 180 °C).

Quelles utilisations ?

Disponible en feuilles ou panneaux, le stratifié s’utilise dans différentes applications : portes, mobilier en tout genre, revêtements muraux… Très résistant, on le retrouve surtout en plan de travail dont la longueur peut aller jusqu’à 5,50 m. Faciles à travailler, les panneaux de stratifié se découpent avec une scie circulaire. Pour les finitions, des bandes (en bois stratifié, mélamine ou polyester) sont appliquées sur les chants par collage. À choisir dans le coloris du plan ou dans une matière contrastée.

Quels décors ?

Une immense palette de coloris et beaucoup d’effets : imitations bois dans toutes les essences, effets métaux travaillés (tôle, bronze) ou encore enduits à l’italienne. Il existe aussi des stratifiés recevant en surface un vrai placage bois à la place du papier décor. Avantage: un rendu plus élégant, plus naturel et plus varié car plus aléatoire sans la répétition des motifs (Polyrey, Hubler, Isoroy). L’atout de ce produit est d’autoriser toute sorte de finition. Certains stratifiés sont même constitués d’une feuille de métal en surface. Ils se déclinent en couche mince ou collée sur un panneau, et sont très utilisés en crédence de cuisine. L’aspect du métal peut être brossé (le plus demandé), brillant ou miroir.

Quels prix ?

Pour une feuille de stratifié, il faut compter en moyenne de 20 à 23€ le m2. Pour du stratifié sur panneau, environ 35€ le m2. (Voir photos 3 à 7)

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Les Mélaminés

Feuille décor sur particules pour des panneaux idéals en structure et revêtement de meubles.

Les panneaux mélaminés comportent également une feuille de papier décor, mais qui est imprégnée de résine puis appliquée directement à chaud sur un panneau de particules à une pression moindre que le stratifié. Cette fois, il n’y a pas d’overlay (couche d’usure). Cela donne forcément un produit plus épais (panneaux de 8 à 30 mm), qui présente une vraie cohésion entre le décor et le support.

Quelles utilisations ?

Moins résistant que le stratifié, le mélaniné est recommandé pour une utilisation verticale. Ainsi, on le met en oeuvre comme revêtement pour les petits meubles en panneaux de particules, ou comme corps et façades de meubles (par exemple de cuisine), cloisons, etc. À noter : il existe du mélaminé sur plâtre, intéressant pour leur résistance au feu et leur facilité de découpe, qui est destiné aux cloisons et plafonds (Polyrey).

Quels décors ?

Proposé dans une palette de décors moins étendue que celle du stratifié, le mélaminé se décline néanmoins dans un grand choix de couleurs vives, de faux unis, mais aussi des
effets bois ou métaux (acier ou cuivre oxydé) et même des aspects béton.

Quels prix ?

Panneau standard de 19mm (qui est l’épaisseur la plus vendue): environ de 15 à 20€ le m2. (Voir photos 8 à 13)

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Les bois de placage : une nouvelle créativité

De toutes les essences, tous les aspects, ces feuilles de bois habillent tous les supports.

Pour obtenir un placage, il existe plusieurs méthodes de fabrication. Elles sont fonction de la nature du bois et de la partie du tronc d’arbre travaillée, et donnent des décors de bois très différents.

Le sciage

Aujourd’hui, cette méthode encore utilisée de façon artisanale à la scie à bois montant (pour obtenir des feuilles de 1,5mm) est plutôt réservée à la restauration de meubles. Elle s’effectue également avec des machines industrielles, qui offrent des parements très épais dont les caractéristiques sont semblables à celles du massif (force, résistance et veinage marqué). Ces placages déclinés dans de nombreuses essences, sont contrecollés sur un support (contreplaqué, MDF, etc.). Certains innovent avec des effets de surface nervurés, crantés, striés ou griffés, ou encore en insérant une mince couche de résine coulée entre deux parements de bois sculptés donnant un effet de vitrail coloré (Lamellux).

Le tranchage

Procédé le plus fréquent, il offre la capacité de découper tous les bois dans les meilleures conditions. On détaille la bille à l’aide d’une trancheuse, sorte de robot géant qui permet d’obtenir une épaisseur de 6/10e de millimètre et une assez faible perte de matière (contrairement au sciage). Avec cette technique, on obtient différents types de débits. Sur dosse. Le débit sur dosse est le plus couramment utilisé, particulièrement pour les bois de pays d’un diamètre moyen. Le tronc est coupé dans le sens de la longueur, latéralement. Les placages ainsi obtenus ont des aspects de ramages en début de tranchage et, plus on approche de la zone du coeur, plus ils sont dits «de fil», avec une faible partie mouvementée dans la zone médiane. En dehors de la richesse du dessin, ce débit à pour avantage d’obtenir le maximum de surface d’une grume (le tronc dans sa totalité), ce qui est intéressant pour les faibles diamètres. Sur fourche. Petite particularité dans cette famille, pour ceux qui recherchent un dessin original, les placages sur fourche présentent un fil déformé qui se sépare en deux directions, avec parfois des turbulences qui évoquent un motif de flammes. Sur quartier. Il s’agit d’un tranchage latéral généralement utilisé quand la texture du bois ou son essence ne permet pas un tranchage correct en dosse. L’aspect obtenu est celui de fils qui se suivent les uns à côté des autres. (Voir photos 14 à 19)

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Le déroulage

On utilise une machine qui déroule littéralement une bille de bois comme un rouleau de papier. Cette technique permet d’obtenir une surface bien plus grande, utilisée notamment pour la fabrication de panneaux de contreplaqué, courants dans l’ameublement, ou encore pour créer des «contre-faces» qui ne se voient pas. En outre, ces feuilles sont très utilisées en marqueterie. C’est aussi le seul procédé possible dans le cas de grumes dont il n’est possible de tirer la quintessence du dessin que par déroulage, comme les loupes. Elles forment sur le pied de l’arbre ou sur son tronc une excroissance demi-sphérique avec une écorce à l’aspect tourmenté. Les placages de loupe exposent des motifs de bourgeonnement serrés, avec de nombreux picots. Ce sont les plus chers, en raison de leur petite taille.

Quels supports ?

Ces fines feuilles de bois sont jointées et collées sur différents supports à choisir en fonction de leur destination. Les rigides. Le placage est collé sur du contreplaqué, panneau léger et peu déformable, à préconiser pour les portes. Sur du MDF ou de l’aggloméré, moins onéreux (Marotte). Les semi-rigides. C’est une plaque en stratifié assez souple qui accueille le décor,permettant d’épouser parfaitement tous types de supports comme les arrondis, les poteaux, etc. (Oberflex). Les souples. Derniers nés de la famille, ces placages sont contrecollés sur un support papier qui se pose comme un revêtement mural, à la colle vinylique. On obtient ainsi un revêtement bois avec une mise en place simple, puisque ces panneaux extra-souples («Sanfot» de Marotte, «Produit souple» de Maréchaux, «Flexibois» de Rhône Placage) suivent les angles et les déformations, comme les plinthes, les moulures…

Quelles utilisations ?

L’industrie du placage est aujourd’hui en perte de vitesse (13 spécialistes aujourd’hui contre 300 en 1954) et se repartit entre des grosses sociétés qui fournissent les industriels et les détaillants qui, eux-mêmes, vendent les feuilles de placage aux menuisiers, architectes et autres agenceurs, comme aux particuliers. C’est le cas de Maréchaux qui s’adresse aussi bien aux professionnels qu’aux «créatifs» qui désirent restaurer un meuble, faire des cadres ou coller un placage sur un panneau. Une opération relativement aisée en utilisant une colle néoprène (inutile de presser le bois) ou blanche (ce qui nécessite un serre-joint). Quant aux panneaux plaqués, ils habillent les cloisons, les caissons décoratifs, les placards, etc. et s’avèrent d’excellents isolants phoniques, en particulier sur les murs. (Voir photos 20 à 25)

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Quels décors ?

Avec du relief. Les placages connaissent aujourd’hui un vrai regain d’intérêt dû aux créations innovantes des fabricants qui ont su «dépoussiérer» la tradition, toujours superbe mais un peu engoncée dans ses codes classiques. En dehors de la marqueterie, toujours d’exception, ils surfent maintenant sur les tendances de la déco avec des bois teintés
(Maréchaux, etc.), des tressages, des effets bayadère hauts en couleur, des panneaux sculptés (Marotte), ou encore des aspects de reliefs griffés, cannelés, martelés ou sculptés, et même des effets croco (Oberflex)! Toujours plus lisses. De nouvelles variations inspirent les architectes, très demandeurs également d’essences reconstituées. Il s’agit d’un bois découpé, mis dans un bain, teinté et recollé ensuite. Ces placages offrent une grande homogénéité de couleur et un aspect très lisse, dont le charme opère dans les univers contemporains (« Tabu » de Marotte). Leader dans ce domaine, la collection « Alpilignum » de Rhône Placages, est passé maître dans la reproduction d’essences classiques ou nobles (loupe, érable moucheté, etc.). Une façon de s’offrir une essence luxueuse à moindre coût.

Quels prix ?

Ils varient en fonction de l’essence choisie et de sa rareté. À titre d’exemple, côté panneaux, un chêne en dosse est à 29€ le m2, en fil à 35€ le m2. Un wengé, à 45€ le m2 ; une loupe de chêne, à 97€ le m2 (Marotte). Côté feuilles, on trouve un acajou d’Afrique à 5€ le m2 ; un érable moucheté à 46€ le m2, une loupe d’Amboine à 115€ le m2, sachant que le prix décroît avec la quantité (Maréchaux). Les feuilles de bois reconstitué démarrent à 7€ le m2. Les panneaux souples « Flexibois » sont à environ 15€ le m2 (Rhône Placage).

Les atouts du « stratifié bois »

C’est la société Ober, dans les années 70, qui a eu l’idée de remplacer la feuille de papier décorative des stratifiés traditionnels par une feuille de placage bois. C’est ainsi qu’est né le stratifié bois sous la marque commerciale « Oberflex ». Ce produit conjugue les propriétés physiques du stratifié (dont la résistance) et les qualités esthétiques du matériau naturel ou reconstitué (qu’est le bois). Aujourd’hui décliné avec des essences plus fines, mais également avec du placage de bois reconstitué comme le « Brut sur stratifié » d’Hubler, il revêt de nombreux décors avec des effets de matières variées (reliefs) et permet de réaliser des grandes surfaces. (Voir photos 26 à 29)

Dossier réalisé par Colette Piveteau

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Itinéraire de fabrication d’un panneau bois «Bayadère»

Destinée à la décoration et à l’aménagement intérieurs, cette singulière collection de marqueteries de placages en bois naturels et teintés « Bayadère » de Marotte est fabriquée selon le savoir-faire artisanal des ébénistes. Visite guidée pour découvrir les principales étapes de fabrication de ce panneau, modèle « Delhi » (échelle 100). (Voir photos 30 à 34)

Dossier réalisé par Nathalie Soubiran

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