Cette longère normande instaure un dialogue entre générations. La rénovation du bâti existant révèle son caractère (murs en pierre, sols anciens, charpente...) tandis qu’une « greffe architecturale supplée à ses insuffisantes ou défaillances, le complète, l’enrichit et dialogue avec lui », commente l’architecte en charge de ce projet réalisé en 2009.
Lorsqu’ils héritent de cette maison ancienne, les nouveaux propriétaires (un jeune couple avec un enfant) rêvent plutôt d’une architecture contemporaine et de grands volumes. Inhabitée pendant plusieurs années, cette longère vétuste, aux équipements et aux réseaux techniques obsolètes, est au contraire cloisonnée et ses pièces manquent de soleil.
Un autre écueil rencontré est la hauteur des combles existants qui ne permet pas d’y marcher. L’humidité imprègne par ailleurs la base des murs et ressort entre les joints des tomettes. Le potentiel de la maison est malgré tout réel, avec une charpente et une toiture saines, et une façade orientée au sud.
Le projet proposé par l’architecte tire parti de ces atouts et greffe à l’existant une extension d’inspiration contemporaine. Le bâti d’origine, dont l’intégralité de l’enveloppe, des façades et de la toiture est préservée, est rénové et modernisé. Les épaisseurs de plancher sont réduites pour que les combles retrouvent de la hauteur.
« Le plancher est constitué de lattes de bois de section de 45 x 120 mm, posées sur chants, et clouées les unes aux autres, formant un plancher autoportant en bois massif de 12 cm d’épaisseur seulement. La sous-face est laissée apparente, sans faux plafonds consommateurs de hauteur », explique l’architecte.
Toujours dans un souci gain de hauteur, une poutrelle métallique (UPE) de 160 mm de hauteur permet de recevoir le plancher et de franchir d’un seul tenant les 8 mètres de mur à mur.
Le bardage de la façade ouest de l’extension est réalisé avec des panneaux de contreplaqué d’okoumé. Non traité, il va progressivement se teinter de gris. Toutes les menuiseries sont en aluminium à rupture de pont thermique avec des vitrages à isolation renforcée.
L’architecte a souhaité dissocier les différentes faces de l’extension. Sur la face sud, le bardage est réalisé avec les mêmes lames de bois que celles utilisées pour la terrasse. Les façades est et ouest sont bardées d’okoumé, un bois exotique imputrescible.
Photo : G.Mahé
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