Créer une extension en bois à la maison

Le 3 mars à 15h13 - - Maison & Travaux

Cette longère normande s’est offerte une cure de jouvence. Le bâti d’origine a été restructuré et agrandi par une construction en béton cellulaire bardée de bois, élevée sur deux niveaux.

Par Cédric Rognon - Photos : Antonio Duarte - Architecte : Enzyme Architecture (mars 2011)

Et aussi : Une extension comme un belvédère, Extensions copie conforme ou encore Extension à l’identique en Finistère sud

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    Extension 1

    Cette longère normande instaure un dialogue entre générations. La rénovation du bâti existant révèle son caractère (murs en pierre, sols anciens, charpente...) tandis qu’une « greffe architecturale supplée à ses insuffisantes ou défaillances, le complète, l’enrichit et dialogue avec lui », commente l’architecte en charge de ce projet réalisé en 2009.
    Lorsqu’ils héritent de cette maison ancienne, les nouveaux propriétaires (un jeune couple avec un enfant) rêvent plutôt d’une architecture contemporaine et de grands volumes. Inhabitée pendant plusieurs années, cette longère vétuste, aux équipements et aux réseaux techniques obsolètes, est au contraire cloisonnée et ses pièces manquent de soleil.
    Un autre écueil rencontré est la hauteur des combles existants qui ne permet pas d’y marcher. L’humidité imprègne par ailleurs la base des murs et ressort entre les joints des tomettes. Le potentiel de la maison est malgré tout réel, avec une charpente et une toiture saines, et une façade orientée au sud.
    Le projet proposé par l’architecte tire parti de ces atouts et greffe à l’existant une extension d’inspiration contemporaine. Le bâti d’origine, dont l’intégralité de l’enveloppe, des façades et de la toiture est préservée, est rénové et modernisé. Les épaisseurs de plancher sont réduites pour que les combles retrouvent de la hauteur.

    « Le plancher est constitué de lattes de bois de section de 45 x 120 mm, posées sur chants, et clouées les unes aux autres, formant un plancher autoportant en bois massif de 12 cm d’épaisseur seulement. La sous-face est laissée apparente, sans faux plafonds consommateurs de hauteur », explique l’architecte.
    Toujours dans un souci gain de hauteur, une poutrelle métallique (UPE) de 160 mm de hauteur permet de recevoir le plancher et de franchir d’un seul tenant les 8 mètres de mur à mur.
    Le bardage de la façade ouest de l’extension est réalisé avec des panneaux de contreplaqué d’okoumé. Non traité, il va progressivement se teinter de gris. Toutes les menuiseries sont en aluminium à rupture de pont thermique avec des vitrages à isolation renforcée.
    L’architecte a souhaité dissocier les différentes faces de l’extension. Sur la face sud, le bardage est réalisé avec les mêmes lames de bois que celles utilisées pour la terrasse. Les façades est et ouest sont bardées d’okoumé, un bois exotique imputrescible.

    Photo : G.Mahé

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    Extension 2

    Sur la moitié de la maison, la structure en succession de murs de refend est conservée mais les circulations repensées pour plus de fonctionnalités. Sur l’autre moitié, un refend et le plancher sont supprimés pour créer un grand volume en double hauteur, dans lequel aujourd’hui sont aménagées la cuisine-salle à manger et la mezzanine passerelle qui mène à l’extension. Les matériaux existants sont récupérés et mis en valeur.
    Sur l’ensemble du rez-de-chaussée, les sols sont décaissés, stabilisés, isolés avant de recevoir la dalle de béton. Tomettes et carreaux de ciment sont déposés, décapés par les propriétaires, puis reposés dans chambre et bureau. Pour alléger la facture, le sol restant est, après mise en place d’une trame chauffante, recouvert d’une chape autolissante (« Mastertop 540 » de Basf), avec une simple finition cirée.
    Après suppression d’un mur de refend et du plancher, le volume en double hauteur est baigné de lumière par le toit et la façade. La passerelle, nouvellement créée, donne accès à l’extension contemporaine. Cette mezzanine enjambe la cuisine et la salle à manger, sans appui intermédiaire. La poutre treillis permet de franchir les 8 mètres et sert aussi de garde-corps.

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    Extension 3

    Sur le plan thermique, les murs sont maintenant isolés, par l’intérieur et sous ossature métallique. Les murs périphériques bénéficient de 85 mm de laine de verre (panneaux semi-rigides à dérouler « Monospace 35 » d’Isover,R = 2,4 m2.K/W). Les parements sont réalisés en plaques de plâtre BA13 (Placoplatre).
    Pour ne pas perdre de hauteur intérieure, la toiture est « doublée » d’un isolant mince (« Triso-Super 9 max » d’Actis, épaisseur 22 mm, équivalent R de 2,13 m2.K/W (il s’agit d’une valeur de R par défaut, fournie par le fabricant car, à ce jour, il n’existe pas de norme spécifique à la famille des isolants minces). Cette solution a été préconisée par l’architecte pour des contraintes d’encombrement.
    C’était avant le Grenelle de l’environnement. Si cela était à refaire, il privilégierait aujourd’hui une isolation traditionnelle plus performante. Toutes les menuiseries aluminium extérieures sont neuves et équipées de vitrages à isolation renforcée (Initial). La ventilation est assurée par une VMC simple flux hygroréglable.
    Pour pallier les problèmes d’humidité au pied de la façade nord, l’installation d’une ventilation mécanique par dépression (système « VMD » d’Alizé Advance) est préconisée. Cette ventilation permet ainsi de forcer la respiration du mur.

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    Extension 4

    « Certains éléments ne peuvent trouver leur place dans l’existant, tels de grandes baies vitrées ou un bureau indépendant, demandés par les propriétaires. Cela constitue justement le programme de l’extension. La greffe vient offrir ce que ne pouvait proposer le bâtiment d’origine », explique l’architecte.
    L’extension se greffe sur la façade sud. Elle s’élève sur deux niveaux. Le rez-de-chaussée communique avec la cuisine et la salle à manger par une ouverture pratiquée dans la façade. L’étage est indépendant et sert de bureau au propriétaire. On y accède par une coursive depuis la mezzanine du bâti existant.
    L’architecte a fait le choix d’une isolation répartie avec une construction maçonnée en monomur thermopierre de 25 cm d’épaisseur (Ytong, R = environ 2,60 m2.K/W). Le thermopierre (béton cellulaire) est une combinaison de matières premières naturelles (eau, sable, chaux) et de millions de bulles d’air.
    Ce mélange lui confère à la fois les caractéristiques d’une pierre (solide, dur, indéformable, imputrescible et ininflammable) et celles d’un isolant (l’air emprisonné dans les alvéoles est le meilleur des isolants). Outre une isolation répartie, ce produit offre une forte inertie, tout en présentant des propriétés naturelles, neutres et recyclables.

    Le bardage est réalisé par un charpentier de la région (Alain Vincent, à Bavent). Les murs en thermopierre sont habillés par des panneaux de bois et des lames de terrasse (pin classe 4). « L’utilisation détournée de lames de terrasse en façade de l’extension offre une réponse économique ».
    De l’extérieur, on a ainsi l’impression que la terrasse se replie sur la façade. L’économie dégagée permet de choisir des panneaux de contreplaqué d’okoumé, imputrescible et au prix plus élevé, pour la façade ouest et est.
    C’était une volonté de l’architecte de dissocier les différentes faces de l’ extension et ne pas réaliser un bardage uniforme. Les lames de pin et le contreplaqué d’okoumé ne sont pas traités. Ils vont griser avec le temps.
    Le bois est mis en valeur dans toute la maison, de la charpente aux escaliers. L’escalier en bois menant à la mezzanine a été réalisé sur mesure. La partie basse est escamotable pour interdire l’accès des enfants à l’étage. La mezzanine permet d’accéder à une coursive extérieure, puis au bureau indépendant aménagé à l’étage de l’extension.

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    Extension 5

    Le plancher bas de l’extension est surélevé. Il s’agit d’un plancher sur vide sanitaire composé de poutrelles en béton précontraint et d’entrevous isolants (« Rectosten » de Rector, U = 0,23 W/m2.K) sur lesquels est coulée une dalle de compression.
    À l’étage, la terrasse d’accès au bureau depuis le bâti existant est constituée d’une dalle en béton (épaisseur 14 cm) sur laquelle sont mis en place une double couche de résine d’étanchéité liquide applicable à froid (« Kemperol 1C » de Batco) puis 80 mm de polystyrène extrudé (« XPS » de Ursa).

    L’isolation évite les déperditions thermiques du salon au-dessous. La terrasse en bois est ensuite posée sur lambourdes et plots. La toiture-terrasse de l’extension est isolée par 20 cm de laine de verre avec pare-vapeur, déroulée entre les solives. L’isolant est recouvert d’un panneau de contreventement en OSB puis d’une résine d’étanchéité (« Kemperol »).
    Les lames de terrasse sont ensuite posées. La pente s’élève à 3°. Un chéneau dissimulé en bordure de façade sud permet l’évacuation des eaux pluviales. Les menuiseries en aluminium à rupture de pont thermique sont équipées de vitrage à isolation renforcée 4/16/4 (Initial).
    Le rez-de-chaussée de l’extension est surélevé par rapport au bâti existant. Depuis la salle à manger, on y accède par deux marches. Un poêle à bois conçu avec un foyer panoramique permet de profiter des joies d’une bonne flambée où que l’on se trouve.

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    Extension 6

    Dans la chambre au rez-de-chaussée, la pierre apparente du mur de refend dialogue avec le sol en tomettes et le plancher autoportant en bois massif d’étage, laissé brut en sous-face.

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    Extension 7

    La poutrelle métallique sur laquelle s’appuie le plancher autoportant a été laissée apparente. L’assemblage du plancher a produit des chutes de lattes utilisées dans la perspective de construire l’escalier. Les chutes ont été recalibrées par le charpentier, en une longueur de giron et une autre de contremarche.

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    Extension 8

    Les matériaux récupérables sont mis en valeur. Les carreaux ciment sont disposés au centre de la pièce. Le sol tout autour est réalisé en béton, sans revêtement en plus.

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    Extension 9

    Muni d’un mode d’emploi pour le montage fourni par l’architecte, le propriétaire a assemblé et cloué les 400 lattes constitutives de cet escalier en bois, très original.
    Prix de l’escalier : 30 € ! Et deux week-ends de travail à deux personnes.

Cette longère normande instaure un dialogue entre générations. La rénovation du bâti existant révèle son caractère (murs en pierre, sols anciens, charpente...) tandis qu’une « greffe architecturale supplée à ses insuffisantes ou défaillances, le complète, l’enrichit et dialogue avec lui », commente l’architecte en charge de ce projet réalisé en 2009.
Lorsqu’ils héritent de cette maison ancienne, les nouveaux propriétaires (un jeune couple avec un enfant) rêvent plutôt d’une architecture contemporaine et de grands volumes. Inhabitée pendant plusieurs années, cette longère vétuste, aux équipements et aux réseaux techniques obsolètes, est au contraire cloisonnée et ses pièces manquent de soleil.
Un autre écueil rencontré est la hauteur des combles existants qui ne permet pas d’y marcher. L’humidité imprègne par ailleurs la base des murs et ressort entre les joints des tomettes. Le potentiel de la maison est malgré tout réel, avec une charpente et une toiture saines, et une façade orientée au sud.
Le projet proposé par l’architecte tire parti de ces atouts et greffe à l’existant une extension d’inspiration contemporaine. Le bâti d’origine, dont l’intégralité de l’enveloppe, des façades et de la toiture est préservée, est rénové et modernisé. Les épaisseurs de plancher sont réduites pour que les combles retrouvent de la hauteur.

« Le plancher est constitué de lattes de bois de section de 45 x 120 mm, posées sur chants, et clouées les unes aux autres, formant un plancher autoportant en bois massif de 12 cm d’épaisseur seulement. La sous-face est laissée apparente, sans faux plafonds consommateurs de hauteur », explique l’architecte.
Toujours dans un souci gain de hauteur, une poutrelle métallique (UPE) de 160 mm de hauteur permet de recevoir le plancher et de franchir d’un seul tenant les 8 mètres de mur à mur.
Le bardage de la façade ouest de l’extension est réalisé avec des panneaux de contreplaqué d’okoumé. Non traité, il va progressivement se teinter de gris. Toutes les menuiseries sont en aluminium à rupture de pont thermique avec des vitrages à isolation renforcée.
L’architecte a souhaité dissocier les différentes faces de l’extension. Sur la face sud, le bardage est réalisé avec les mêmes lames de bois que celles utilisées pour la terrasse. Les façades est et ouest sont bardées d’okoumé, un bois exotique imputrescible.

Photo : G.Mahé

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